Entre une émouvante commémoration du 11 novembre, sous une chaleur suffocante au Kings Park de Perth, et la formidable victoire du Tonga (28-22) appréciée devant sa télé à l’hôtel des Bleus à Scarborough beach, Renaud Guigue s’est penché sur le match de dimanche au nib Stadium.

Un match certes déséquilibré sur le papier, mais que les tricolores sont loin d’avoir perdu avant de l’avoir joué, si l’on en croit l’assistant d’Aurélien Cologni.

« D’abord, je constate que le groupe a progressé, dans son comportement, entre le premier match et le deuxième. Contre l’Australie, les joueurs possédaient l’intelligence balle en mains qui leur avait manqué devant le Liban, preuve qu’ils adhèrent à notre politique de jeu », explique l’ancien arrière du XIII de France.

« En plus, ils n’ont pas envie de finir la compétition sur une mauvaise note », poursuit l’Avignonais.

Pour autant, la présence d’un seul centre, côté français, ne constitue-t-il pas un handicap à prendre en considération ?

Une défense renforcée

Pas vraiment, assure-t-il : « Olivier Arnaud était l’auteur d’une belle prestation, avant sa blessure, la vitesse de Damien Cardace peut en outre nous faire défaut, mais la présence de Benjamin Jullien à ce poste est une garantie en défense ».

La défense, « clé du match », pour Renaud : « Nous sommes convaincus de l’importance de ce secteur du jeu, d’où également la titularisation de Lucas Albert à l’ouverture ».

Un jeune français disposant, on le sait, d’autres atouts dans sa manche : « Lors des derniers entraînements, il nous a convaincus par ses initiatives, et il était par ailleurs bon de le voir à son poste de prédilection dans l’optique de la Coupe du monde 2021, dont la préparation a déjà débuté ».

Reste à prendre le meilleur sur les toujours redoutables Anglais, quand bien même ces derniers n’aligneraient pas leur équipe type.

« Moins athlétique que Hall »

L’avis de l’ancien arrière des Dragons Catalans sur la question : « Stefan Ratchford a joué arrière contre le Liban, et il n’a pas pleinement convaincu, d’où son passage au poste d’ailier, inhabituel pour lui. Il est rapide, agile avec le ballon, mais moins athlétique que Ryan Hall, et nous devrions éprouver  moins de difficultés à défendre sur des joueurs davantage techniques que physiques ».

Mais plaquer, c’est aussi ce que savent si bien faire les hommes de Wayne Bennett : « Leur défense intérieure est redoutable, même les Australiens n’ont pas réussi à les déborder dans ce domaine ».

Une défense cependant susceptible de se fissurer, pour peu qu’en face on se mette en tête de faire circuler la balle : « James Graham est un excellent joueur de ballon, mais au sein du pack nous en possédons davantage que les Anglais ».

Et le coach du SO Avignon croit « en ce bloc du milieu français plus renforcé que d’ordinaire, en raison de l’absence d’Eloi Pélissier ».

Les trous à éviter

Avec Ben Garcia, voire Lucas Albert en cas de coup dur, pour suppléer le dynamique John Boudebza en cours de partie.

Une partie qui devra durer quatre-vingt minutes sous les crampons des Bleus, si ces derniers veulent créer la plus grosse surprise de la compétition : « L’an dernier en Avignon, l’équipe a traversé un gros trou après vingt ou vingt-cinq minutes de jeu, puis de nouveau en fin de rencontre, cette fois il ne faudra pas s’écrouler deux fois d’affilée ».

Autrement dit, lorsque les Coqs auront encaissé un essai, ce qui semble inévitable, ils devront éviter d’en concéder un deuxième dans la foulée.

Il sont avertis, conscients de la valeur de l’adversaire, mais aussi de leurs propres qualités. Lesquelles devront s’extérioriser à 100% pour espérer entrer dans l’histoire, 27 ans après la victoire des garçons de Jacques Jorda, à Leeds.

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