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Elima capitaine flamme

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Le joueur au parcours de vie atypique, pour un treiziste, né à Nantes, ayant vécu, enfant, à Cholet, puis passant directement de Bias à Castleford, pour briller en suivant à Wakefield, Perpignan et Bradford, cumule une somme d'atouts : gabarit, métier consommé, sens du placement l'autorisant à inscrire, pour un avant, beaucoup d'essais (9 en 2011, 5 en 2010, 15 en 2009, 7 en 2008 et 2005, 1 en 2006, 3 en 2004).

Il en fait aussi marquer quelques-uns aux petits copains (6 passes décisives en 2010, 5 en 2007, 4 en 2009), et on n'a pas souvenir de l'avoir vu passer au travers, depuis ses débuts en bleu, sous l'ère Mick Aldous en 2004, déjà en compagnie de Jamal Fakir, Maxime Grésèque, Sébastien Raguin, David Ferriol, Greg Mounis.

"Olive", moteur sans ratés, avec plus de vingt matchs de Super League au compteur chaque année, depuis 2004, sauf en 2006 (19) et en 2008 (15), n'a guère d'équivalents à son poste, en Europe, et il sera une fois de plus un pion essentiel du XIII de France, samedi à Leigh.

Où il s'attend à un rude combat : "L'ambiance sera hostile, mais nous aimons jouer devant un gros public, c'est d'autant plus motivant, et l'adversaire, à la fois jeune et déjà expérimenté, sera redoutable en ce sens qu'on aura à faire avec des candidats à la Coupe du monde 2013."

L'avant-dernière marche

Le Mondial, justement, un rendez-vous déjà dans les têtes des Bleus ?

"Pas vraiment, c'est difficile de se projeter si tôt, surtout pour nos plus de 30 ans qui actuellement guident les plus jeunes. On ne sait pas s'ils seront encore compétitifs dans deux ans, mais une chose au moins est sûre, c'est l'objectif numéro un, et cette campagne automnale est l'avant-dernière marche de la préparation, avant la suivante, en 2012."

Une marche plus difficile à franchir pour les joueurs d'Elite ? Olivier ne montre pas d'inquiétude à ce sujet : "C'est une bonne pression, pour eux, d'évoluer aux côtés de joueurs de Super League. Cela doit les inciter à travailler deux fois plus pour se hisser à leur niveau, et si certains d'entre eux sont dans le groupe tricolore depuis plusieurs saisons, ils n'oublient pas qu'il y a du monde qui pousse, derrière."

Et qui pousserait probablement plus vite si toutes les conditions étaient réunies pour leur éclosion, un thème qui tient à coeur au capitaine : "L'idéal consisterait à ce que le gros des troupes de Super League ne soit pas exclusivement, ou presque, constitué par les seuls Dragons, qui portent le poids des espoirs tricolores sur leurs épaules, mais pour cela il conviendrait de voir plus de jeunes (ndlrl : seuls, aujourd'hui, Samy Masselot à Wakefield, et Théo Fages à Salford, sont sous contrat dans des clubs anglais) faire leur apprentissage outre-Manche, et cela passe par un accord entre la RFL et la FFR XIII."

Un projet susceptible d'être mené à bien, prochainement ? Elima ne désespère pas : "Les deux parties en ont déjà discuté, et je verrais bien une dizaine de nos joueurs tenter l'aventure pendant, par exemple, deux ans, sachant que même en cas d'échec à l'arrivée ce type d'expérience leur serait profitable."

Le couteau dans la plaie

Une arme supplémentaire, dans la panoplie tricolore, qui n'est pas encore sortie du fourreau, mais en attendant, il y a une échéance à respecter, cet automne, et Olivier estime que la page de l'Alitalia Cup 2010 - amère patrie française au drapeau déchiré - est tournée : "Nous aurions dû participer cette année aux Four Nations, mais si le couteau se retournera dans la plaie lorsque nous regarderons ces rencontres à la télé, nous devons regarder devant nous, et non pas sur le match perdu d'un point à Albi, contre les Gallois, où nous n'avons pas su exploiter quelques deux ou trois contre un, handicapés par l'absence de joueurs cadres, comme Thomas Bosc."

Le capitaine des Bleus a personnellement un autre livre à refermer, celui raturé par Bradford cette année : "On ne s'est jamais réellement trouvés, en dépit de quelques bons actes de notre part. Notre parcours en dents de scie nous a été fatal, n'ayant pas réussi à battre, sur la fin, des concurrents directs pour les play-off. Un nouveau coach, beaucoup de nouveaux joueurs, tous ces changements ont nui au collectif, et si devant les Bulls ont tenu la route, cela n'a pas été le cas derrière."

Reste que les fans de la mine restent confiants : "Nos 12 000 abonnés avaient beaucoup d'attente, car c'est un club qui a remporté de nombreux titres, mais ils ne nous ont jamais sifflés, et j'espère vivement qu'avec l'apport de quelques recrues, comme Jarred Sammutt, nous serons en mesure de les satisfaire, l'an prochain."

D'ici là, il prendra à coeur, comme d'habitude, son rôle de capitaine : "J'ai la confiance de Bobbie Goulding et des joueurs, qui savent que je ne suis pas un dictateur et qu'ils peuvent compter sur moi pour assurer le lien entre le squad et le staff, lorsqu'un problème se fait jour."

Le seul qui se pose aujourd'hui aux Bleus est la qualité de l'adversaire, samedi. Mais leur guide sur le terrain leur transmettra la flamme sans laquelle rien n'est acquis d'avance.

Et les 17 auront, n'en doutons pas, du coq à l'âme.