| Agasse, Kebdani, Sous, Vivian, Chanfreau, d'un côté, Ofanowski, Leib, Canal, Hermet, de l'autre : on est en Nationale 1, mais avec une touche d'Elite. Sauveterre-de-Comminges contre Tonneins à Villeneuve-sur-Lot, ça ne manquera surtout pas d'allure, dimanche à 15h, en ouverture de la finale d'Elite 2, Baho - Lescure. De l'allure, et un suspense garanti, tant les deux adversaires semblent proches l'un de l'autre. Comme en 2006, au Barcarès, où Sauveterre avait battu Tonneins au "point en or", en finale de DN3. La saison suivante, les Frelons s'adjugeaient la Coupe Albert Falcou. Depuis, ils patientent, alors qu'entre-temps Tonneins a rempli son escarcelle de plusieurs trophées… Mais seul le présent préoccupe Stéphane Millet, ancien centre et arrière de Saint-Gaudens et du XIII de France, aujourd'hui entraîneur du club des Comminges : "Cette saison lors de la phase régulière du Championnat, nous avons gagné à Tonneins, qui était invaincu à domicile depuis trois ans, et avons ensuite perdu 23-27 face au même adversaire, en finale de la Coupe Paul Dejean, après avoir mené 15-0 les deux-tiers de la première mi-temps". Un match qui l'a quelque peu laissé sur sa faim : "On aurait dû se mettre à l'abri en première période, au lieu de quoi nous avons trop souvent rendu le ballon au deuxième ou troisième tenu, et au repos nous n'avions plus que 9 points d'avance (17-8). Du coup, c'est Tonneins qui était dans de meilleures dispositions mentales, à la reprise, et au bout du compte nous avons perdu un match à notre portée, nos rivaux ayant eu de la réussite sur leur dernier essai." "Le déclic à La Réole" De la réussite, mais pas seulement, Stéphane en convient : "Tonneins est une équipe joueuse, rapide au ras du tenu, qui aligne sensiblement les mêmes joueurs depuis trois ou quatre ans, et qui a acquis beaucoup d'expérience, en disputant chaque saison les phases finales." Pour autant, Sauveterre a bien des atouts à faire valoir, comme l'explique son entraîneur : "Nous avons connu un début de championnat difficile, en perdant quatre de nos cinq premières rencontres, puis à La Réole ce fut le déclic. Nettement menés au score, nous avons ensuite inscrit trois essais en l'espace de dix minutes, à douze contre treize, et en suivant nous n'avons rencontré qu'une seule fois l'échec, en dix matchs. Le problème, c'est que nous défendons bien, mais trop, notre agressivité, quoique dénuée de mauvais gestes, nous coûtant fréquemment des pénalités." Les Frelons, prétendants à l'accession en Elite 2, tablent en tout cas sur leur envie, "qui a fait la différence sur la fin, en demi-finale du Championnat face à Réalmont." Il est vrai qu'ils avaient beaucoup à se faire pardonner, après leur défaite en finale de la Coupe Dejean, et cet "esprit de revanche" leur a valu de passer de 16-16, à 27-16 au coup de sifflet final. L'enthousiasme dont ils ont fait preuve, ce jour-là, constituera à n'en pas douter un atout de taille dans leur manche, le 5 juin à La Myre-Mory. Le baromètre Canal Et Patrick Hollevoët, le coach de Tonneins, ne s'y trompe pas : "Les Commingeois ont eu un début de saison laborieux, avant de se reprendre avec efficacité, et de tous nos adversaires, c'est celui qui est le plus impressionnant, notamment par la puissance qu'il dégage. Aussi, on appréhende un peu ces retrouvailles, c'est normal, même si lors de la victoire remportée chez nous par Sauveterre, nous souffrions de l'absence de notre baromètre, Christophe Canal, alors blessé." Et Patrick dit se méfier tout particulièrement de "Frédéric Chanfreau, leur leader, mais également d'Anthony Agasse." Et c'est en équipe, que Tonneins compte se tirer d'affaire : "Le danger, chez nous, est d'abord collectif, sachant que plusieurs marqueurs d'essais nous ont quittés l'été dernier, et si mentalement nous parvenons à nous hisser à la hauteur de l'événement, nos chances sont réelles." Malgré la victoire obtenue à l'arraché (23-22) contre Bias, en demi-finale ? "Il y avait, sur ce match, la dimension d'un derby, et pour enjeu une place en finale, mais ce n'est pas une excuse. Nous menions 14-0, puis Bias a inscrit deux essais aux 38è et 40è minutes. Ensuite, dans les derniers instants de la partie, nous possédions quatre points d'avance, mais nous avons rendu un ballon qui s'est soldé par un essai adverse. Et s'il avait été transformé…" "Vif, toniques, opiniâtres" Patrick ne le cache donc pas : "Je ne suis pas satisfait de la prestation de mes joueurs, ce jour là." Pour espérer priver Sauveterre du doublé, il s'agira donc, pour les Lot-et-Garonnais, de hausser le niveau de leur jeu. Ils en ont les moyens, malgré la perte du deuxième ligne Jessie Leroch, pouce fracturé, et de Renaud Vermande, suspendu. "Nous souffrons d'un déficit, au plan athlétique, mais nous compensons par notre mobilité", assure l'entraîneur d'un ensemble double finaliste, la saison passée, lauréat de la Coupe avant de chuter en finale du Championnat, à Saint-Estève, "face à un super Sébastien Terrado." Cette fois, c'est entre autres à Anthony Agasse que les Tonneinquais se frotteront. Et l'intéressé évalue les chances des Frelons : "En demi-finale, contre Réalmont, nous avons su rester disciplinés, face à des Tarnais talentueux mais truqueurs. A nous de rééditer ce qui pour moi a été le meilleur match de la saison, à La Réole, où nous avions été derrière au score tout au long de la partie, mais sans rien lâcher, pour l'emporter à la dernière minute. Cela a eu comme effet de lier l'équipe, pour ensuite notamment l'emporter à Tonneins, une équipe composée de petits gabarits, mais vifs, toniques, opiniâtres, et peut-être en meilleure condition physique que nous." Pas question pour autant de partir battu d'avance. Au contraire : "En finale de la Coupe, nous nous sommes vus vainqueurs trop vite, avec notre avance de 17 points au tableau d'affichage, et nous ne reproduirons pas la même erreur, dimanche. Et si on peut leur passer soixante points, on ne s'en privera pas !" Vous avez compris que le duel a déjà commencé, en paroles du moins... |