Jeune trentenaire visiblement épanouie, Alice Varela démontre à chaque match, sur le terrain, sa force de caractère, en même temps qu’un indéniable talent, à son poste de demi-de-mêlée.
Employée de banque à Toulouse, la capitaine exemplaire du XIII de France, qu’elle a intégré dès l’âge de 19 ans, était une semaine sur deux en télétravail, l’autre sur site, durant le confinement lié à l’épidémie de Covid-19.
Entretien avec celle qui devrait tirer un trait sur son élogieuse carrière de rugbywoman au lendemain de la Coupe du monde 2021.

Racontez-nous, d’abord, vos débuts en rugby à XIII
Après cinq années comme gymnaste, à Villeneuve- sur-Lot, d’où je suis originaire, puis un an d’initiation à l’athlétisme, je cherchais mon sport de prédilection. Pour finalement le trouver en assistant aux rencontres des «Verts et Blancs» au stade Max-Rousié, aux côtés de mon père, Bernard, ancien joueur de rugby à XV dans l’Yonne, et de mon frère Samuel, lui-même un temps rugbyman. Ce sont les féminines de Pujols, pour la plupart filles de joueurs et de supporters de Villeneuve-sur-Lot, qui m’ont alors proposé de les rejoindre.

Durant vos huit saisons passées au sein de l’équipe de Pujols, qui était votre coéquipière la plus exemplaire de toutes ?
Sandrine Loria, partie ensuite à Facture, exigeante avec elle-même et les autres.

La jeune Zoulouzen actuellement la plus prometteuse ?
Inès Legout, qui a commencé le rugby très tôt à l’école de rugby, et qui a ainsi l’avantage de posséder les bases de notre sport. Elle incarne parfaitement le dépassement de soi, qui l’autorise à augmenter ses performances. C’est tout ce que j’apprécie chez une joueuse.

Est-ce là votre credo ?
Absolument, au rugby comme au CrossFit, une discipline à laquelle j’ai pris goût, plus tard. Je participe à quelques compétitions avec CrossFit Minimes, dans le quartier du même nom, et comme ballon en main j’en veux toujours plus. J’y suis devenue accro, et j’adore.

Quel sentiment vous procure le statut de capitaine ?
On se sent davantage encore investie, dans ce rôle. C’est une responsabilité supplémentaire. On se doit d’être toujours positive, exemplaire, et à l’écoute des autres.

Vous considérez-vous plus efficace en défense qu’en attaque ?
En tant que demie, la lucidité est indispensable. Je me dois donc de tempérer mes ardeurs en défense, afin de conserver en attaque l’indispensable clairvoyance. Le problème, c’est que j’aime beaucoup plaquer, ce qui me porte parfois préjudice dans la conduite du jeu.

Des joueurs de rugby à XIII assistent-ils régulièrement aux rencontres disputées à domicile par les Zoulouzen ?
Surtout les jeunes de l’école de rugby de Jules-Julien, dans le quartier toulousain de Montaudran.

Quel est le meilleur match disputé par l’équipe de France, depuis que vous avez intégré le groupe tricolore ?
En 2013, en Angleterre, face à la Nouvelle-Zélande. Contre cet adversaire de prestige, nous avions tout donné, en dépit d’un score qui nous avait été nettement défavorable.

Quel souvenir gardez-vous du test-match perdu 8-14 face à l’Angleterre, en juin 2018 à Port-Barcarès ?
Très frustrant, pour avoir touché la victoire de près. Mais je retiens la solidarité qui nous avait animé tout au long de la journée. Et nous avions tenté d’élever un peu plus notre niveau.

Votre meilleur match, à titre personnel ?
Ma première victoire comme capitaine de Pujols, mon club de cœur, à Villeneuve-sur-Lot contre Toulouse Ovalie.

Quelle qualité d’une autre joueuse tricolore aimeriez-vous posséder ?
Le jeu au pied d’Elisa Ciria.

La boucle sera-t-elle bouclée, pour vous, au soir de la Coupe du monde ?
C’est mon ultime objectif, en effet. Et je regrette d’avoir été contrainte de stopper notre préparation, cette année, en raison de l’épidémie.

Parmi l’effectif tricolore actuel, qui semble être capable de porter le brassard de capitaine, à partir de 2022 ?
J’en vois deux. Gaëlle Alverhne, pilier de Lescure, et Élisa Ciria, des Girondins de Bordeaux, laquelle connaît le jeu par cœur, et qui depuis son poste d’arrière possède l’avantage de bien apprécier le comportement de l’équipe.

Un mot sur la nouvelle manager du XIII de France, Lise M’Foudi ?
J’avoue que je n’y avais pas pensé pour occuper le poste, mais je suis très contente pour elle. Nous ne l’avons rencontré que sur quelques matchs, la saison passée, et je la connais donc peu, mais c’est une fille simple, joyeuse, attentionnée avec ses adversaires, ce qui n’est pas le cas de toutes les Catalanes (rires). Elle aimait discuter avec nous après les rencontres, pour avoir des retours sur celles-ci, de notre part. Cette nomination devrait ainsi déboucher sur quelque chose de positif. Et puis il est important qu’une femme ait été choisie.

Souhaiteriez-vous rester dans le giron treiziste, une fois terminée votre carrière ?
Je ne me vois pas couper du jour au lendemain, mais a priori je ne me sens pas capable de remplir le rôle d’entraîneur. Car il génère le même stress que chez une joueuse, avec le désavantage d’être impuissant, sur le banc, concernant le déroulement de la partie. Nous verrons bien le moment venu.