Comme Jason, dans la mythologie grecque, construisit son bateau Argo pour s’en aller quérir la toison d’or, Baitieri, fier capitaine lui aussi, compte cet automne sur ses propres Argonautes, les Bleus de France, pour s’octroyer un autre trophée, celui de champion d’Europe.

Et on souhaite au chef de file tricolore le même succès qu’au fils d’Aeson, qui subtilisa la toison à son gardien, un… dragon.

Le Dragon Rouge, lui, est justement le drapeau gallois que le Parisien de naissance et Catalan de cœur, souhaite décrocher samedi pour l’installer dans l’armoire aux trophées de la FFR XIII.

Auquel cas le chemin vers la qualification directe pour la Coupe du monde 2021 serait en partie déblayé.

Et plus que quiconque dans les rangs tricolores, le troisième ligne des Bleus mesure la capacité de résistance des hommes de John Kear.

Des souvenirs de ses combats face aux Celtes, Jason en possède à la pelle.

Le souvenir de Lens

“Le plus beau date du 20 octobre 2012 à Lens, où nous avions battu les Gallois 20 à 6”, raconte-t-il.

“D’abord parce c’était à Bollaert, un beau stade, avec un nombreux public de néophytes, venus découvrir notre sport. L’atmosphère était chaude. William Barthau avait été plaqué à retardement par Dudson ou Flower, je ne sais plus, et s’en était suivi une bagarre…”

Et Gil Dudson, comme Jason, fait des heures supp en équipe nationale.

“Il a souvent été blessé, cette saison avec Widnes, mais il opère depuis longtemps en Super League, il est grand, costaud, et un leader pour le Pays de Galles”.

Deux autres joueurs clés des “Dragons”, selon lui, seront à surveiller de près.

Des anciens de la maison rouge, eux aussi.

“Elliott Kear est difficile à plaquer, avec sa manière de courir inhabituelle. Rhys Williams, de son côté, a de beaux appuis, et relance efficacement le jeu, depuis l’arrière”.

L’esprit Championship

Pour Jason, en tout cas, il n’est pas vraiment question de faire une fixation sur les Gallois. “Nos trois adversaires de l’Euro se valent, il il faut prendre garde, car on a affaire dans tous les cas à une ossature de joueurs du Championship, lesquels sont toujours soudés lorsqu’ils sont rassemblés sous les couleurs de leur équipe nationale. Et c’est souvent plus efficace que de compter sur de nombreux joueurs de Super League”.

Jason en est un, pourtant, mais samedi il se glissera avant tout dans la peau d’un combattant, une habitude chez lui.

Et il veut tirer une leçon positive de la nette défaite essuyée le 7 octobre dernier à Leigh, contre l’Angleterre : “Nous n’avions effectué, tous ensemble, qu’un seul entraînement en commun, et pourtant nous avons fait match nul avec nos rivaux, en deuxième mi-temps. Et je sais que techniquement, nous pouvons être meilleurs qu’à Leigh, parce que nos automatismes évolueront forcément à la hausse, durant cet Euro. Comme match de préparation à cette dernière compétition, la barre était haute, mais je considère plus cela comme un cadeau. Car jouer les Anglais avant les Gallois, les Irlandais et les Ecossais, c’est une excellente manière pour nous de nous remettre en question. Et comme physiquement, à Leigh, nous étions plutôt dans l’allure, je pense que cela va nous servir pour cette Coupe d’Europe”.

C’est dit. Jason et les siens vont aller de l’avant. Les Gallois sont prévenus. Les Bleus ne seront peut-être pas, certes, à l’abri d’un petit coup de mou, à un moment donné dans ce match déjà capital, mais quand la machine ralentira, Jason sera le premier à ajouter du charbon.

Et si d’aventure les Gallois sont d’humeur belliqueuse, on pourra également compter sur lui pour remettre les choses en bon ordre. Foi de capitaine, qui sait être entouré d’Argonautes habillés de bleu, et tout aussi résolus que lui.