Le XV, le XIII, deux rugbys, deux codes, deux voisins, deux cousins, qui de moins en moins, en France, respectent la distanciation physique imposée, depuis des lustres, par des guerres que l’on peut qualifier d’un autre âge.

On en veut pour preuve, au plus haut niveau, la tendance consistant, pour le XV, à s’inspirer de plus en plus du XIII, histoire de gagner en dynamisme, en temps de jeu.

On se souvient aussi du FC Lézignan d’Aurélien Cologni, qui voici quelques années flirtait à l’entraînement avec le Stade Français de Cheika.

Plus près de nous, un salutaire rapprochement était effectué entre Villeneuve-sur-Lot RL et le SU Agen.

Sans parler du plus spectaculaire et médiatique arrangement entre XIII et XV, le mariage, autant d’amour que de raison, qui unit désormais le Toulouse Olympique et le Stade Toulousain, utilisateurs du même stade Ernest-Wallon, le tout sur fond de respect mutuel.

C’est désormais au tour de deux clubs de village, Villegailhenc-Aragon RL et le RC Pezens, de nouer des relations. Plus fortes, encore, celles-ci, puisque les joueurs de chacun de ces clubs audois auront demain la possibilité de s’entraîner en commun, et d’évoluer dans un camp comme dans l’autre. Avec des matchs à domicile disputés alternativement sur le terrain des quinzistes du Cabardès, et sur celui des treizistes.

Autant d’exemples de partenariats susceptibles, à l’avenir, d’être suivis. A condition de briser les barrières encore solides brandies par les irréductibles de chaque rugby, pour que s’ouvrent, demain, des passerelles bienfaitrices pour tous.

Deux sports qui, évidemment, conservent leurs propres règles, leurs propres spécificités, et leur propre histoire, d’ailleurs souvent agitée sur le sol hexagonal, mais qui, comme c’est souvent le cas en Angleterre, en Australie ou en Nouvelle-Zélande, ont assurément tout intérêt à mettre en commun leur savoir-faire, notamment en matière de pré-formation, de préparation physique et technique, ou de mutualisation des moyens.

Et ce pour le bien de chacun, main dans la main, gagnant-gagnant.

Hervé Girette