Dur, dur, dur… d’intercepter le trophée Max-Rousié pendant les arrêts de jeu ; dur, dur, dur… de laisser échapper le titre de champion de France à quelques secondes du coup de sifflet final. Terrible pour les supporters et joueurs des deux camps, mais quel suspense et quel dénouement !…

Ce fut une curieuse mais grande finale. Il est vrai que tous les ingrédients étaient réussis et que la mayonnaise prit rapidement à la gorge l’attention des nombreux spectateurs. En réalité, chaque équipe domina à tour de rôle ; Saint-Estève en première période, Villeneuve au cours du second acte, les Lot et Garonnais ayant alors le mérite de remonter les 14 points de handicap concédés au préalable. Et il fallut attendre la quatrième minute des arrêts de jeu pour que le sort du match bascule en faveur de Saint-Estève, Villeneuve sur Lot ressentant cette mise à mort comme une décision inique de la part de M. Aribaud. Les règlements sont pourtant formels : le temps des arrêts de jeu est depuis toujours laissé à l’appréciation du direteur du jeu ; ainsi on n’épiloguera pas sur le fait que le temps réglementaire était dépassé de trois minutes (version stéphanoise) ou de quatre (selon les Villeneuvois). Peu importe. A ces deux tendances évidemment opposée, on rappelera que Banquet (Villeneuve) pouvait creuser la différence au bénéfice de son équipe à la 69e mn, l’ancien carcassonnais oubliant de servir Lacombe démarqué ; ou encore ce même Banquet rata une pénalité des 30 mètres face aux poteaux (80e). Côté catalan, le talonneur-buteur Torreilles échoua (76e) face aux poteaux, sur pénalité, le succès de sa tentative remettant alors les deux ensembles à égalité, à quatre minutes de la fin ! Sans oublier le drop avorté de Sana (Saint-Estève) à la 60e, autant d’actions qui pouvaient libérer l’une comme l’autre des deux formations.

Avec huit essais.

Malgré cette indécision, le jeu fut de qualité. Avec un excellent esprit à mettre à l’actif des acteurs, un rythme élevé, de l’application de part et d’autre et un ballon qui vole tous azimuts. Avec de combinaisons, des accélérations, des changements de pied, de longues passes. Bref, avec les atouts que l’on puisse imaginer.

Huit essais ont été inscrits : cinq par Saint-Estève, trois par Villeneuve. Sur des actions construites : Eliot (22e) après service de Brown à l’intérieur, Seilhod (39e) et Lacombe (41e) sur attaque générale ; sur des actions personnelles, Vergès (3e) au terme d’un slalom dans la défense adverse, Austerfield après avoir récupéré dans l’en-but un ballon perdu par Eliot (17e) ou encore Despin sur coup de pied à suivre pour lui-même sous les poteaux (51e).

L’histoire de la discipline retiendra que c’est un essai de Brown qui donna le titre à Saint-Estève.

Mais pour les joueurs et supporters des deux camps, ce fut –et on ne rappellera jamais assez- dur, dur, dur… dans un match spectaculaire à souhait et bien dans la tradition. Il est vrai que les finales de ces dernières années furent de la même veine.

Finale du championnat 1997 St Estève – Villeneuve-sur-Lot 28-24, à Narbonne

Henri ANDRIEU.