Dans la finale du championnat 2003-2004 que le pilier australien de l’UTC, Russell Bawden, quitta précipitamment trente secondes après son entrée en jeu (9è), incomplètement rétabli d’une entorse du genou, Saint-Gaudens, vainqueur surprise, eut également son lot d’infortune.

“Leigh Bowman, notre talonneur et meneur, était victime d’une double fracture tibia-péroné au tout début de la seconde période, mais nous avons réussi à surmonter cette difficulté”, se souvient Jean-Christophe Borlin, un des “héros” de ce duel disputé au stade Aimé-Giral de Perpignan, et remporté 14-10 par les Commingeois.
“Toutoune” Borlin avait préalablement joué deux finales de championnat, à chaque fois contre Villeneuve-sur-Lot.
“La première à Charléty, en 1999, perdue 20-33, la deuxième à Narbonne, également perdue (18-31), et paradoxalement elle était plus accessible, car en 2004 on se frottait aux Catalans, qui s’apprêtaient à accéder à la Super League, et s’appuyaient sur une impressionnante armada. En plus, elle se jouait à Perpignan, c’est dire s’ils avaient tout pour eux”.

Tout, comme encore les onze internationaux, Renaud Guigue, Pascal Jampy, Aurélien Cologni, Laurent Frayssinous, Julien Rinaldi, Jamal Fakir, Adel Fellous, Thomas Bosc, David Berthezène, Said Tamghart, Gregory Mounis, sauf l’erreur d’avoir pris le risque d’aligner un pilier australien tenant sur une seule jambe, et sauf, surtout, qu’en face se présentait un outsider à l’aise dans ses crampons, solidaire à souhait.

“Nous ne partions donc surtout pas favoris, mais nos joueurs étaient de qualité, l’état d’esprit remarquable, le groupe vivait ensemble depuis 2001, et nous avions mis beaucoup de coeur à l’ouvrage”, raconte Jean-Christophe, à l’époque âgé de 28 ans, et un des meilleurs piliers ou deuxièmes lignes de sa génération, international entre 2001 et 2008.

Si bien que contre toute attente, St Go enlevait le morceau, après avoir mené au score quasiment de bout en bout, fort d’un doublé de Claude Sirvent (9, 29), d’un troisième essai signé Adam Innes (68), et d’une transformation de Leigh Bowman, contre un essai de Greg Mounis (71) et trois pénalités de Laurent Frayssinous (4, 23, 57).
Manager sportif du RC Saint-Gaudens depuis quatre ans, “Toutoune” a un mot pour chacun des Commingeois ayant participé ce jour-là au sacre, le quatrième de l’histoire du club.

ADAM INNES
“Adroit sur les ballons aériens, sûr en défense, bon relanceur, un joueur complet”.

THIBAULT SURRE

”Un ailier à l’état brut, sprinter, doté d’un état d’esprit hors-pair, comme beaucoup”.
Il a effectué un sauvetage dans son en but à une poignée de secondes de la sirène de fin.

ARNAUD DULAC
“Centre international, il possédait une grande expérience, et pouvait jouer partout”.

CLAUDE SIRVENT
“Notre finisseur numéro un. Le Rudi Völler (ndlr : buteur emblématique de l’équipe d’Allemagne de football, vainqueur de la Coupe du monde en 1990) du rugby. Lorsque j’évoluais en deuxième ligne, il jouait de mon côté, et c’était un régal de libérer le ballon en sa direction, tellement il était décisif”.

FOURCADE ABASSE
“Il venait de l’athlétisme, et avec nous il avait progressé à une vitesse phénoménale”.

ANTHONY GOLDER
“Notre capitaine. Lorsqu’il est arrivé à Saint-Gaudens, en 2001, il a changé le visage de l’équipe. Il avait été champion U20 avec Balmain, en Australie. Une bonne pioche”.

NASSIM KEBDANI
“Issu d’une famille de rugbymen, un petit gabarit, mais passionné. Un guerrier devenu un grand demi-de-mêlée au contact d’Anthony Golder”.

LEIGH BOWMAN
“La classe, tout simplement”.

BRAD MIDDELBOSCH
“Présent depuis 2001, comme Anthony Golder, une “machine”, constant dans l’effort, et doté d’un gabarit imposant”.

KEVIN COOK
“Super technicien et grand gabarit, lui aussi. A la fois adroit et véloce”.

MATHIAS VIGNEAU
Un deuxième ligne ayant appris le rugby sur le tas. Un guerrier qui n’a pas lâché Jamal Fakir de tout le match. Inutile de dire qu’il avait mal à l’épaule à l’issue de la finale”.

RUSSELL BUSSIAN
“Un meneur, doté d’une belle vision du jeu. Un joueur de ballon, qui co-entraînait l’équipe aux côtés de Robert Viscay”.

CHRISTOPHE CALEGARI
“Le Catalan de l’équipe. Jeune et talentueux, il s’était rapidement fondu dans le groupe”.

BOUATOU COULIBALY
“Arrivé en 1999 en provenance de Corbeil, comme Fourcade Abasse, il avait vite trouvé ses marques en deuxième ligne ou comme pilier, d’où une rapide progression”.

RICHARD BEL
“Gabarit modeste, mais envie maximale. Un bosseur, athlétique et rapide”.

JEAN-FRANCOIS CHANFREAU
“Il entraînera avec Julien Gérin, la saison prochaine. Il se signalait par un gros gabarit, et était redoutable en défense. S’il avait travaillé davantage, il serait devenu un bien meilleur joueur encore”.