La cornemuse leur est restée en travers de la gorge, en dépit d’une entame de feu, une habitude chez ces Ecossais d’abord bien en place, puis dépassés par la vitesse adverse.

La vitesse, la solidarité, une nouvelle fois sans faille, une défense en fer forgé, la classe de Morgan Escaré (20 points à lui seul) et de Théo Fages, la prestation une fois encore très accomplie de Bastien Ader, le pilonnage productif de Romain Navarrete, le grip de Paul Marcon, une des révélations de cet Euro remporté haut la main, l’éclatante confirmation d’Altix Da Costa, l’abattage de Benjamin Jullien et Mickaël Goudemand, la science de Lucas Albert, la ruse de Stan Robin, le tranchant de Rhys Curran.

Mais on n’oubliera pas de citer leurs cinq autres compagnons de route, car il n’y avait vraiment rien à jeter, ou alors pas grand chose, dans cette équipe de France invaincue pour s’asseoir au deuxième rang du gotha européen, derrière une Angleterre encore loin devant, mais qui devrait avoir affaire à forte partie le printemps prochain, lors des probables retrouvailles entre les deux nations.

La force était en eux

Les Bravehearts, une fois qu’ils eurent compris que la victoire leur échappait, ont pourtant tenté de casser le rythme altier sur lequel les tricolores dansaient, d’où les quelques algarades de la deuxième période, autrement plus hachée que la première, mais rien n’y faisait. Les Bleus étaient les patrons, la force était en eux.

Pas comme en tout début de rencontre, quand l’exécution leur faisait quelque peu défaut, emportés par leur élan de vouloir tout casser. Çà n’empêchait pas Da Costa d’alerter avec brio Fages, lequel concluait avec la même élégance que son talonneur, le premier ayant laissé un plaqueur au tapis, et le le second deux autres.

Mais par un essai à quatre passes, dont celle d’Oscar Thomas, sautée et décisive, l’Ecosse démontrait qu’elle valait bien mieux que cette dernière place du classement qui lui pendait au nez.

Plus tard, Ader au soutien de Curran, n’était pas loin d’un but qu’atteignait pour sa part Escaré, double feinte de corps à l’appui, sur une initiative de Fages.

A la reprise, avec cette fois Albert en 6, Marcon et Gavin Marguerite s’offraient un sprint à deux sur soixante-mètres. En vain.

Et de deux pour Escaré !

Mais une immense “neige” d’Albert provoquait un en avant adverse, Escaré ajoutant ainsi deux points. Mais, surtout, Da Costa et Anthony Marion allumaient la mèche, Fages alimentait la flamme, et d’une feinte de passe Escaré oubliait Marcon pour brûler la politesse aux Ecossais et enfoncer le clou (22-4).

Le champion 2018 de Super League réussissait la première de ses deux transformations depuis le bord de touche, Robin inaugurait sa première association en demis avec Albert, un super duo Marion – Marcon manquait d’aller au bout, puis Albert faisait le lit de Marion, qui giclait au ras.

L’essai surprise, et spectaculaire, de Robertson ne changeait rien au scénario, dont on connaissait depuis longtemps le dénouement.

Les deux équipes avaient eu du cœur, la France avait en plus le talent dans les talons.

FRANCE – ECOSSE 28-10

Mi-temps 14-4

Arbitre M. Dolan (Angl)

France : 4 essais Fages (19), Escaré (32, 67), Marion (69), 4 transformations Escaré, 2 pénalités Escaré (16, 63).

Ecosse : 2 essais D. Dixon (26), C. Robertson (73), 1 transformation Thomas.

FRANCE : Morgan Escaré – Paul Marcon, Bastien Ader, Hakim Miloudi, Gavin Marguerite – (o) Stan Robin, (m) Théo Fages – Romain Navarrete (cap), Alrix Da Costa, Lambert Belmas – Benjamin Jullien, Thys Curran – Mickaël Goudemand.

Sont entrés en jeu : Lucas Albert, Valentin Yesa, Bastien Canet, Anthony Marion.

ECOSSE : Thomas – D. Dixon, D. Scott, Robertson, Sioney – (o) Hogg, (m) Brierley – McClean, K. Bentley, Wilkes – Glohe, Mariano – Bell.

Sont entrés : Clarke, H. Bentley, Moran, Turland.