Il fera plus froid (6° annoncé en soirée, vent du sud de 60 km/h) samedi prochain à Dublin, pour la phase 2 de l’opération Euro 2018, et les Bleus devront être aussi chauds qu’ils l’étaient à Carcassonne, où à la fois la pluie et la déception les ont épargné.

Car pour avoir battu les Gallois par l’écart le plus important de toute l’histoire entre les deux nations, le record de 1948 (32-12) ayant été pulvérisé, ils se sauront plus que jamais attendus par des Wolfhounds sans pitié pour les Ecossais (36-10).

Mais plus que jamais, également, on se doit d’accorder la plus large confiance à ces Bleus ayant d’abord chiffonné, puis amoché, une défense galloise ne s’attendant probablement pas à pareille correction.

Forts d’une attaque à combustion rapide, faisant feu de tout bois dès leur entrée sur la pelouse, les tricolores ont en effet mis leur plan de jeu à exécution, la constance des avants ayant servi les intérêts d’une ligne de trois-quarts audacieuse à souhait, mise intelligemment sur orbite par des demis clairvoyants au possible.

Au presque parfait

On aurait même parlé de match parfait, de leur part, sans ce relâchement bref mais coupable, ayant autorisé Ralph à s’infiltrer trop facilement (36è), et Elliot Kear à bénéficier d’une offrande de Rhodri Lloyd (40è).

Reste que jusque-là, le public voyait la vie en bleu, avec un coup de pied rasant de Tony Gigot en faveur de Paul Marcon, ressuscité après sa déconvenue de Leigh dix jours plus tôt. Avec une interception d’Hakim Miloudi à vingt mètres de l’en but des Dragons Rouges. Avec un décalage d’école offert à Marcon au bout d’une action lumineuse. Avec une feinte de corps de Bastien Ader laissant ses opposants sur place.

Peut-être vexés par la réaction adverse en fin de première mi-temps, les Français entamaient la seconde avec l’allant qui fut leur durant les trente-cinq minutes initiales du match. Si bien que Théo Fages, auquel Pascal, son ex centre international de père, avait remis le maillot le matin au “Wembley” de Jacques Jorda, déblayait le terrain pour Marcon avec l’aide de Gigot, celui-ci bénéficiant aussitôt du subtil coup de pied de déplacement de l’ailier toulousain, décidément en verve, samedi.

Curran : une sélection, un essai

Rhys Curran, en suivant, honorait sa première cape en jouant des muscles, Lucas Albert et Miloudi trouvaient Gigot au relais pour une passe au pied royale couronnée par Morgan Escaré.

Lequel, à l’heure de jeu, remplaçait Gigot (touché sans gravité à une cuisse) à l’arrière, le couteau suisse Stan Robin glissant sur l’aile, et seul un contre gagnant de Olds venait contrarier l’irrésistible marche en avant d’un XIII de France soudé, combatif, imaginatif, qui en remettait sur la fin une double couche : Alrix Da Costa allongeait sa passe pour Fages, qui, au cordeau, sollicitait le camion Romain Navarrete, et Escaré se jetait sur un “rasant” de Robin.

Sonnés, les Gallois avaient vu 36 chandelles. Comme le nombre de points qui séparait les deux équipes au score.

On ne pouvait être plus satisfait du jeu pratiqué par ces Bleus qui prépareront dès mardi à Port-Barcarès, leur match de Dublin. Pour un duel aussi capital que celui de samedi, dès lors qu’une autre victoire les propulserait déjà directement dans la Coupe du monde 2021.

FRANCE – PAYS DE GALLES 54-18

Mi-temps : 26-12.

4 056 spectateurs au stade Domec de Carcassonne.

Arbitre : James Child (Angleterre).

Temps frais et humide, léger vent, terrain souple et en bon état.

France : 9 essais Marcon (8, 22), H. Miloudi (12), Ader (29), Gigot (46), Curran (53), Escaré (58, 79), Navarrete (37), 9 transformations Gigot (8, 12, 22, 29, 46, 58), Lu. Albert (77), Curran (79), 1 pénalité Gigot (3).

Galles : 3 essais Ralph (36), Elliot Kear (40), Olds (70), 3 transformations Olds.

FRANCE : Gigot – Escaré, Ader, H. Miloudi, Marcon – (o) Lu. Albert, (m) Fages – Navarrete, A. Da Costa, Baitieri (cap) – B. Jullien, Curran – Goudemand.

Sont entrés en jeu : Margalet, B. Escamilla, Belmas, Robin.

PAYS DE GALLES : Elliot Kear – Grant, Olds, Ben Morris, Rhys Williams – (o) Courtney Davies, (m) Ralph – Ben Evans, Parry (cap), Fleming – Rhodri Lloyd, Butler – Bennion.

Sont entrés : Curtis Davies, Jones, Vitalini, Connor Davies.