Louis Bonnery est une figure du rugby à XIII : ex-joueur international, directeur technique national, président de la ligue Occitanie et commentateur télé pour Bein Sports. Ce passionné de jeu dirige, avec la ligue, le Pôle espoir du lycée Paul-Sabatier, à Carcassonne. Une vraie fabrique à champions mais aussi à citoyens. Explications.

Vous servez le rugby à XIII depuis plus de 60 ans. Qu’est-ce qui vous a porté toutes ces années ?
Ce qui me porte ? C’es le jeu que j’ai pratiqué. Je suis né à la Digne-d’Amont et, gamin, je voyais passer l’instituteur qui allait jouer à Limoux. Je voulais aller le voir sur le terrain puis j’ai joué avec une bande de copains et nous sommes devenus champions de France en 1968. J’ai pu concilier très vite vie sportive et vie professionnelle. J’étais professeur d’éducation physique détaché comme cadre technique à la fédération. Le rugby n’a jamais été ma prfession ni le but de ma vie, tout simplement une passion.

Depuis cinq ans, la Ligue Occitanie, que vous présidez, gère le Pôle espoir à Carcassonne. Quel rôle joue cette structure ?
Le pôle s’inscrit dans les filières dites de haut niveau. Ce qui nous importe, ce sont certes les résultats mais aussi dee faire ces jeunes de vrais citoyens, armés pour affronter l’avenir. A Carcassonne, nous retenons chaque année dix jeunes sur une trentaine de candidatures. Nous avons mis en place un triple projet. Scolaire, d’abord, avec l’objectif qu’ils passent le baccalauréat. Le taux de réussite est de 100%. Ensuite, le projet est évidemment sportif pour ces jeunes, appelés à rejoindre l’Elite. Enfin, nous développons un projet citoyen, en ouvrant nos champions au monde qui les entoure. La crise de la Covid a perturbé ce programme mais les jeunes ont pu participer à des journées sur le handicap ou nettoyer les rives de l’Aude. Nous espérons aussi, avec le soutien du Département, leur faire parcourir la voie verte de Montségur à Bram.

Quel est le bilan du pôle en matière de formation ?
60% des jeunes sortis du pôle espoir jouent en Elite et 3% des athlètes atteignent la Super League (plus haut niveau anglais). Notre mot d’ordre, c’est l’excellence ! Depuis 2015, 34 athlètes ont joué pour l’équipe de France en U17 et U19. Depuis 2016, nous ouvrons le pôle aux féminines. Elles sont quatre cette année.

Quel avenir voyez-vous pour notre sport ?
Ce qui fait la force du rugby à XIII, c’est le jeu. Pour le match entre les Dragons Catalans et les Chevaliers Cathares, en 2015, le stade Albert Domec était plein. Cela montre que le public se déplace quand notre sport, certes exigeant, propose du spectacle. Au pôle espoir, nous préparons les jeunes à ce haut niveau. Aujourd’hui, la Fédération Française de Rugby à XIII a besoin de l’union. Celle-ci ne peut se faire qu’autour d’un projet sportif.