Même pas encore 19 ans (il fêtera son anniversaire en Serbie, le 9 août) et déjà quinze matchs en Elite 1 avec le SO Avignon ! Lui-même avoue sa surprise : “En début de saison, je souhaitais avant tout emmagasiner de l’expérience, mais tout s’est rapidement enchaîné. On m’a donné ma chance au Tournoi à 9, avant le trois coups du championnat, j’ai su la saisir, et Renaud Guigue et son staff ont continué de m’accorder leur confiance”.

N’eût été cette luxation d’une épaule au bout de deux minutes de jeu seulement, en finale, 2018 aurait été l’année parfaite, pour une des révélations de l’exercice écoulé. Reste que son nom est gravé sur la feuille de match des champions en titre, et c’est ce que l’histoire, avant tout, retiendra.

Joris Clément, la référence

Lucas Emblard, en tout cas, n’est pas du genre à la ramener. “Je dois améliorer mes courses, en attaque, de même que mon rythme, afin de passer à l’avenir plus de temps sur le terrain”, explique un pilier qui situe son point fort “en défense”, bonne technique de plaquage oblige, et concernant “l’effort” qu’il prodigue, dans une rencontre. Car le garçon est tout sauf un dilettante, et c’est une des raisons qui force à croire qu’il ira loin.

En attendant, il n’a guère trouvé plus fort que lui, cette année en Elite 1, si ce n’est, peut-être, “le Saint-Gaudinois Clayton Williams, aussi dur en attaque qu’en défense, et qui réussissait à sortir des plaquages adverses”.

Si un joueur, à son poste, lui a fait “grosse impression”, c’est bien lui.

Au même titre, dans les rangs avignonnais cette fois, que “Joris Clément, qui a disputé tous les matchs en 2017 – 2018, fort à la fois mentalement, physiquement, techniquement”, et qui “apporte son soutien aux plus jeunes de l’équipe, lors des entraînements”.

Et s’il devait citer un autre joueur emblématique du SOA, son choix se porterait forcément sur Olivier Arnaud. “C’est le capitaine, le leader, qui paie toujours d’exemple, et sait nous remettre sur le droit chemin, le cas échéant”.

En Serbie, avec le XIII de France U19, Lucas se réjouit surtout de côtoyer Arthur Mourgue, notre arme principale, et “Bart” Rougé, le leader du pack”.

Le XV de père en fils

Une double garantie pour les Bleuets, favoris de ce championnat d’Europe de la catégorie, sans oublier évidemment l’ancien quinziste du groupe. “Avant de rallier le SOA voici trois ans, j’avais toujours joué à XV, à L’Isle-sur-la-Sorgue, où j’avais débuté à l’âge de 9 ans. J’évoluais au centre de la ligne des trois-quarts, mais j’avais envie de relever un nouveau challenge. C’est physiquement plus dur, à XIII, mais on touche plus de ballons, on plaque davantage, également”.

Tout ce qu’apprécie, en fait, le fils de Sylvain lui-même ancien joueur de L’Isle-sur-la-Sorgue, et le frère de Margot, une ex licenciée en athlétisme.

A Belgrade, sur les bords du Danube, Lucas, titulaire d’un BP JEPS sports collectifs, mention rugby à XIII, et qui prépare un DU Agent de Développement Sportif, compte bien faire un peu plus encore la fierté de sa famille. Et pourquoi pas, demain, celle de son gros et splendide village provençal, “Venise Comtadine” traversée par la Sorgue    , laquelle se jette dans le Rhône comme lui-même sur ses adversaires, dans un match.