“Ma mère, née Bratton, est mi-maori, mi-écossaise” : Kane Bentley, retenu avec son frère Andrew dans le squad des “Bravehearts” pour la Coupe du monde, éclaire d’entrée les raisons de sa sélection.

“Son père, mon grand-père donc, est lui 100% écossais, et il y a quelques années déjà que le staff de l’Ecosse nous a contacté”, poursuit Kane, qui apportera cette saison sa longue expérience, “pour pousser les jeunes vers le haut”, au Toulouse Olympique Broncos dans le championnat de France Elite 1.

“Mais la règle internationale voulait, à l’époque, qu’un joueur ayant représenté un pays devait attendre trois ans avant de porter un autre maillot national. En 2015, pour le Championnat d’Europe auquel participait l’Ecosse, c’était trop juste, et de toute façon à la même période j’évoluais dans un club américain. Et l’année suivante, j’avais dû décliner la sélection pour les Four Nations, car j’étais blessé”.

Mais Kane et Andrew devraient entrer dans l’histoire, ce mois-ci, en disputant ensemble deux Coupes du monde consécutives sous deux maillots différents, après avoir produit aux organisateurs les documents administratifs indispensables à leur participation.

“Nous avons fourni l’acte de naissance de notre grand-père, aujourd’hui décédé, et celui de ma mère, en plus de nos passeports prouvant notre double nationalité” (CEE et Nouvelle-Zélande), et Kane ne boude surtout pas son plaisir.

“A l’exception de Lewis Tierney (ndlr : qui quitte Wigan pour un contrat avec les Dragons Catalans, où il était prêté) et de Frankie Mariano, je ne connais pas personnellement les autres joueurs écossais, mais la méthode de jeu qui sera employée durant la compétition nous a été envoyée par le staff technique”, nous confiait Kane, avant de rejoindre, dimanche, ses nouveaux coéquipiers à Manchester, où le squad est rassemblé avant le départ pour l’Australie.

“Et avec Andrew, nous sommes très honorés par la confiance qui nous est accordée”, précisait encore Kane, dont l’équipe disputera un match de préparation à Balina, avant de rallier Cairns, pour son premier match dans cette World Cup.

“Kheirallah est un vrai plus”

Ce qui n’empêche pas le Toulousain, international français lors de la précédente édition, de s’intéresser de près aux chances des Bleus, dans cette épreuve hyper relevée. Avec un mot pour les trois joueurs du TO : “Mark Kheirallah constitue un vrai plus. C’est un bon choix de la part du staff tricolore, car il va apporter vitesse et vision du jeu. Il n’a pas été élu pour rien parmi les trois meilleurs du Championship 2017. Bastien Ader, auprès duquel je joue depuis quatre ans, a beaucoup progressé ces deux dernières saisons. Il monte constamment en puissance, et je le vois aller très loin, dans sa carrière. Enfin, “Pompon” (ndlr : Clément Boyer) est un jeune qui travaille dur, est plein d’envie, et fier de porter ce maillot bleu. Il n’est pas seulement puissant. Il est aussi intelligent balle en mains. Il utilise ses appuis pour faire douter l’adversaire”.

Kane, Elsa, Sonny Bill Williams, lors de la Coupe du monde 2013