La deuxième mi-temps porteuse d’espoirs pour le XIII de France féminin

On ne sait pas si Dieu a sauvé la Reine, mais force est de constater que les trop nombreuses fautes des Bleues, en première période, ont facilité la tâche des Anglaises, mercredi soir à Port-Barcarès, où la Marseillaise de la victoire, hélas, n’était pas invitée à la fête de la musique.

Une musique que les Britanniques ont fait entendre dès l’entame, avec cette erreur de Cyndia Mansard aussitôt exploitée par Andrea Dobson. Sans couac, l’orchestre anglais répétait adroitement ses gammes, pour trouver une deuxième fois la faille dans la défense pourtant opiniâtre des Bleues, piégées par une passe au pied souriant à Amy Hardcastle, la star de l’ensemble blanc doublant bientôt la mise au terme d’un mouvement bien léché.

Dès lors menées 12-0, les tricolores n’avaient cependant pas entamé leur capital confiance, la première incursion dans le camp anglais, signée Cyndia Mansard, Leila Bessahli, Perrine Montsarrat, débouchant sur un départ gagnant au ras du tenu, œuvre de Laureane Biville.

Mais les Françaises jouaient déjà sans Jeanne Bernard, ligaments croisés d’un genou probablement abîmés au quart d’heure de jeu, et Charlotte Booth appuyait un peu plus ou cela faisait mal, « try assist » à destination de Tara Stanley.

Pire encore, Kaylen Bulman contrait un coup de pied de déplacement adverse pour filer à l’essai sans réelle opposition.

 

C’est dire si à la pause (22-4), le concert donné au Stade de la Mer avait plus que jamais l’accent anglais.

Reste qu’en face, on avait au moins un double mérite, celui de ne rien lâcher, et, surtout, de retrouver ses esprits ballon en main. Ainsi cette entente bien née entre Elisa Ciria et Ophélie Coll plaçait l’équipe sur orbite, le coup de pied rasant de la demi d’ouverture des Déesses du XIII Catalan – Saint-Estève ouvrant à Manon Samarra la voie de l’essai. Celui de l’espoir, pour des Françaises ragaillardies, plus adroites que précédemment, et manquant d’un rien de remettre le couvert via Elisa Ciria, pour une course de 35 mètres née d’un service de Leila Bessahli. Une action préfigurant celle, victorieuse cette fois, conclue par Manon Samarra, à la réception d’une passe au pied, point d’orgue d’une grosse séquence offensive.

A 22-12, et avec encore près d’une demi-heure à disputer, le bal n’aurait pas été promis aux Anglaises sans ce contre exploité par Kirsty Moroney. A cause d’une transmission approximative, les tricolores s’étaient ainsi données le bâton pour se faire battre, et l’ultime essai de cette partie de qualité intervenait trop tard pour empêcher les Anglaises de danser la gigue.

N’empêche, Ophélie Coll et Gwenaëlle Urbes avaient joliment construit ce mouvement d’ensemble terminé en fanfare par Lucie Castello.

Si elles mettent un peu plus de discipline dans leur partition, les Bleues, par ailleurs héroïques en défense mercredi, ont assurément le droit de croire en leur étoile, lors du second test, samedi sur la même scène du littoral catalan.

La fête de la musique sera passée, et ce ne sera peut-être pas la même chanson…

 

LA FICHE TECHNIQUE

1er test-match à Port-Barcarès
France – Angleterre féminin 16-26
Mi-temps 4-22
Arbitre M. Lannes

France : 4 essais Biville (22), Samarra (42, 50), Castello (70).

Angleterre : 6 essais Dobson (2), Hardcastle (11, 18), Stanley (30), Bulman (40), Moroney (54), 1 T Stanley (40).

FRANCE : Ciria – Richard, Biville, Castello, Samarra – (o) Coll, (m) Varela – Mansard, Séguier, Bessahli – Mikaleff, Urbes – Bernard.

Sont entrées en jeu Fanny Ramos, Perrine Montsarrat, Sandrine Lloria, Gaëlle Alvernhe.

ANGLETERRE : Booth – Stanley, Hardcastle, Courtman, Bulman – (o) Gaskin, (m) Moroney – Priim, Forsell, Crowl – Rudge, Hoyce – Dobson.

Sont entrées Harrowell, Peach, Thompson, Garner.