Avec en poche ses onze boucliers, contre sept au club des Corbières, l’ASC, par ailleurs finaliste malheureuse des deux dernières éditions, peut fièrement brandir un palmarès jusqu’ici inégalé, mais pour espérer l’enrichir d’une ligne supplémentaire, encore lui fallait-il jouer sur le même mode que voici quinze jours en arrière, quand elle avait brandi la Coupe de France Lord Derby au nez et à la barbe de ce même ancestral rival.

Or, dimanche au Moulin, à l’inverse de ce qui s’était produit en Avignon, c’est Lézignan qui a imposé son rythme, les “Jaunes et Noirs” retrouvant des couleurs en début de seconde mi-temps pour revenir presque à hauteur (18-22) à l’heure de jeu, avant de plier devant la froide efficacité adverse.

Et c’est donc Limoux et Lézignan, label Aude, département de tout temps en pointe, question rugby à XIII, qui, le 3 juin, seront aux prises, avec pour enjeu ce trophée Max-Rousié si envié, six ans après leur dernière confrontation à ce stade ultime de l’épreuve reine.

Et l’équilibre des forces est a priori tel, qu’il n’est pas interdit de pronostiquer, au Parc des Sports et de l’Amitié de Narbonne, un écart sensiblement du même ordre que celui ayant prévalu lors de cette finale du printemps 2011, lorsque sur ce même écrin de l’Egassiairal, Lézignan avait triomphé de son voisin 17 à 12. Ou que celui ayant séparé les deux mêmes clubs, deux ans plus tôt au stade Albert-Domec de Carcassonne (40-32 en faveur du Feuceuleu).

En quête de son troisième titre, après ceux glanés en 1968 et en 2016, à chaque fois aux dépens de Carcassonne, Limoux a bien des arguments à faire valoir, dans ce troisième rendez-vous de l’histoire avec Lézignan, en finale du championnat.

A condition de se montrer plus constant dans l’effort que samedi dernier à l’Aiguille, où Saint-Estève – XIII Catalan fut à deux doigts de déjouer le pronostic.

Lequel sera cette fois en faveur d’un FC Lézignan ayant affiché une louable maîtrise, le lendemain au Moulin, contre Carcassonne. Une équipe des Corbières au sein de laquelle le retour aux affaires de John Boudebza a été remarqué, au même titre que l’intelligence collective de l’ensemble.

Promesse d’un duel acharné avec des “Rouges et Noirs” portés, en demi-finale, par l’enthousiasme de Maxime Herold, Quentin Garrouste, les jambes d’Amine Miloudi, le métier consommé de Sylvain Teixido, Jérémy Guiraud et Mathieu Mayans, la classe de Mickaël Rouch et Allan Torreilles, mais n’ayant dû leur salut qu’à un essai tardif de John Palavi.

Lesquels comptent d’ailleurs sur la puissance de leurs avants, symbolisée par le jeune Néo-Zélandais, pour au minimum rivaliser, dans ce secteur, avec les forts des Halles que sont Abraham Papalii, Jamal Fakir, Lézignan pouvant en outre compter, derrière, sur des joueurs féconds avec le ballon, comme Rémy Marginet, Ben Pomeroy, et d’autres à la fois audacieux et imprévisibles, tel Valentin Ferret et Damien Cardace.

La finale idéale, en fait, puisque Lézignan et Limoux ont terminé aux deux premiers rangs du classement, avant les play-offs, évitant ainsi la toujours possible chausse-trappe des barrages.

La Belle Aude, en quelque sorte…