Si l’espoir était de mise, dans le camp tricolore, au soir d’un premier test inabouti mais révélateur de louables intentions, encore aurait-il fallu, samedi soir lors du match revanche sur le même gazon brûlant du Stade de la Mer, que les Françaises laissent leurs approximations offensives au vestiaire.
Las, alors que les Britanniques, certes plus vives au niveau des trois-quarts, étaient à portée de fusil, les Bleues ont échoué dans leur quête de victoire, par manque de discernement à l’approche de l’en but adverse.
Le cœur, lui, y était, et ce de bout en bout d’un duel acharné, la défense bleue faisant souvent des merveilles dans une ambiance de bord de ring, alors que Leila Bessahli et Elisa Ciria multipliaient les prouesses ballon en main, mais la qualité dans les passes faisait cruellement défaut.
« Frustrant », pour le co-entraîneur Régis Bangoura, estimant que ses protégées ne s’étaient « pas montrées suffisamment décisives » dans les moments clé de la partie, commettant notamment « trop de fautes en deuxième mi-temps ».
Un avis globalement partagé par le manager Laurent Dupuy : « Elles ont laissé echapper deux ou trois occasions de marquer, par manque d’expérience, et en raison de lacunes dans les transmissions. Nous espérions battre l’Angleterre au moins une fois, et pour ce faire nous avions légèrement modifié la composition de l’équipe, après le test initial, dans l’espoir de nous appuyer sur un jeu plus fluide, mais au moins les filles ont montré qu’elles avaient des valeurs, elles se sont « filées » et c’est un bon exemple pour les garçons ».
Des valeurs effectivement affichées dès le coup d’envoi, de nouveau donné par une chaleur écrasante, laquelle aurait pu être fatale à des Anglaises au souffle parfois court, et Lauréane Biville était à deux doigts d’ouvrir la première le score (5è), mais une 40/20 adverse faisait presque aussitôt le miel de Amy Hardcastle.
Et si les problèmes de finition n’étaient pas réglés du côté français, si Elisa Ciria ratait une pénalité de près face aux poteaux (32è), au moins Cyndia Mansard avait le mérite de mettre la défense blanche sur les fesses, pour l’essai de l’espoir, juste avant la pause.
Dangereuses à la reprise, les visiteuses auraient atteint leur but sans le saisissant sauvetage d’Elisa Ciria, et en suivant les Bleues n’en pouvaient mais, sur la passe au pied récompensant la vélocité de Tara Stanley. Pugnaces au possibles, les Françaises réduisaient bientôt une nouvelle fois le score (10-8), en trois passes alertes jusqu’à Pauline Vaissière, mais bientôt, en force, Hardcastle enfonçait cette fois définitivement le clou.
Ne manque plus aux tricolores, pour demain espérer véritablement rivaliser avec les Anglaises, qu’à travailler technique et vitesse. Car pour le reste, le public avait été conquis par leur irréprochable état d’esprit. Et il n’oubliera pas qu’à défaut d’avoir décroché la lune, la France, à deux reprises en l’espace de quatre jours, avait par moments resplendi sous le soleil catalan. Ce qui n’est déjà pas si mal…

LA FICHE TECHNIQUE

2è test à Port-Barcarès

FRANCE – ANGLETERRE FEMININ 8-14

Mi-temps 8-10

600 spectateurs environ

France : 2 essais Mansard (40), Vaissière (68).

Angleterre : 3 essais Hardcastle (7, 75), Stanley (51), 1 T Stanley (7).

France : Elisa Ciria – Lucie Castello, Lauréane Biville, Manon Samarra, Pauline Vaissière – (o) Amel Mohamdi, (m) Alice Varela – Cyndia Mansard, Fanny Ramos, Leila Bessahli – Gaëlle Alverhne, Anais Mikalef – Ophélie Coll.

Sont entrées Perrine Montsarrat, Pauline Séguier, Sandrine Lloria, Aimée Banukone.

Angleterre : Booth – Stanley, Hardcastle, Thompson, Bulman – (o) Garner, (m) Moroney – Priim, Forsell, Dobson – Hoyle, Harrowell – White.

Sont entrées Jones, Crowl, Hepworth, Courtman.