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Carcassonne, la victoire du sacrifice

Finale 2012 (9)

 

L’euphorie de la victoire est passée, pas la satisfaction du devoir accompli, alors que déjà se profile à l’horizon un match revanche, en Coupe, forcément riche en émotion. Celle éprouvée samedi à Narbonne par Jean-François Albert n’est en tout cas pas dissipée : “Un joueur joue pour un titre, un entraîneur pareillement. Et cette victoire, je la savoure d’autant plus qu’elle récompense un club à l’environnement passionné, avec des supporters exigeants.”

Le co-entraîneur de l’ASC gagne pour son retour sur le devant de la scène, et c’est peut-être pour lui encore plus fort : “C’est notre première saison ensemble, avec Vincent Banet, et nous apprécions l’esprit de sacrifice de nos joueurs, au cours de cette finale que Pia a démarré très fort.”

Reste que les Jaune et Noir ne se sont pas démontés, après le lumineux essai de Maxime Grésèque. Et “Carca” sonne la révolte. “Nous sommes ensuite restés vingt-cinq minutes sans encaisser le moindre point, et au fil du temps nos avants ont commencé à s’imposer, la différence ayant été faite lors des vingt premières minutes du second acte, où nous avons réussi à conserver le ballon et à marquer sur nos temps forts.”

Jean-François Albert sait ce qu’il doit au pack canari, qui a travaillé sans relâche, et n’a cessé d’avancer, malgré le handicap né de la cheville meurtrie de Tyrone Pau. Une supériorité, dans ce domaine essentiel du jeu, que la grosse prestation offerte, en face, par Ben Vaeau, n’a pas altérée : “Il a montré qu’il est un joueur hors normes, sachant tout faire, mais ses coéquipiers ont visiblement davantage souffert de la chaleur que nous, à l’image d’Artie Shead et d’Una Lamelangi.”

“Une saveur particulière”

Et “JFA” de rendre un hommage indirect à Lézignan, dont la forte opposition, une semaine plus tôt en demi-finale, a pesé sur les organismes des avants salanquais : “Pia a disputé ce jour-là le match le plus dur, physiquement, de sa saison, forcément il y a laissé des plumes et nous en avons bénéficié. Cela a été dur car les deux équipes se sont rendues coup pour coup. Les Pianencs ont joué sur leurs points forts, le jeu, la vitesse, mais on a su les museler et imposer un jeu physique qu’on affectionne. Notre puissance nous a permis de faire le break, et quand Pia est revenu au score sur la fin, nous avons puisé dans nos ressources pour tenir en défense.”

A ses côtés, Vincent Banet savoure tout autant l’instant présent : “Cette victoire a pour moi une saveur particulière, sachant que voici dix-huit ans, presque jour plus jour, sur ce même terrain j’avais battu Pia 6-4 en finale du Championnat dans les rangs du XIII Catalan.” Et l’enfant du Barcarès de louer, à son tour, les mérites d’un pack carcassonnais “qui a beaucoup avancé, l’ensemble montant progressivement en puissance, après la fébrilité constatée en début de partie”.

Un pack drivé par une charnière à la saine lecture du jeu, malgré la légère blessure au dos dont a été victime Eamon Hillen, en première période. “A la mi-temps, il a souhaité continuer”, indique le plus carcassonnais des Catalans, qui parle de “consécration”, après “le travail accompli depuis le 2 août”, date de la reprise de l’entraînement. “Les joueurs ont toujours été animés par l’envie d’aller loin.”

“Jamais je n’aurais imaginé…”

Teddy Sadaoui, capitaine courage, est de ceux-là : “Ce fut difficile, mais on le savait, il y a eu un gros combat au milieu, et comme toujours à ce niveau, la différence s’est faite sur des petits détails, sur la notable performance de Romaric Bemba, sur notre capacité à bien défendre grâce à notre solidarité, à notre mental à toute épreuve.”

Une victoire “à l’usure”, ajoute Greg Mazard, avec un trou d’air à ne pas rééditer dimanche prochain, selon Jérémy Guiraud, soulignant qu’il faudra “mieux gérer les efforts sur les quatre-vingt minutes.”

Mais tous sont aux anges, à commencer par Bemba la bombe, “joueur du match” atteignant, à 30 ans, ce qu’il nomme, comme Vincent Banet, “la consécration”.

“Il y a longtemps que j’attend cela. J’ai déjà réalisé de meilleurs matchs, mais jamais je n’aurais imaginé inscrire deux essais dans une finale. C’est ma récompense pour le travail fourni. Au début de ma carrière, on m’avait dit “tu y arrivera, parce que tu es généreux.”

Lucide, aussi, quand ce pilier déménageur dit avoir été impressionné par Anthony Carrère, “intenable”, ou quand il évoque, comme Jean-François Albert, les forces laissées par Pia, dans le combat de la demi-finale face au FCL : “C’était un match d’hommes, qui a physiquement marqué les Catalans, face aux frères Bentley et à Phil Leuluai, et Pia s’en était sorti grâce à Carrère, qui avait fait la différence.”

Celle que lui-même a faite, en finale, même s’il ne manque pas d’insister sur l’arrêt “monumental et décisif d’Osea Sadrau sur Ben Vaeau.”

On a déjà hâte de voir à quoi ressemblera, dimanche, la réplique de Pia, face à la puissance de feu du pack ascéiste. Si les Salanquais, à leur tour, sauront aller au sacrifice…

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