Narrabeen, dame nature

Damien Cardace se souviendra de ses 25 ans. Il a eu droit, pour son anniversaire, à une chanson de circonstance, entonnée par ses coéquipiers, à bord de l’A380 qui emmenait la délégation tricolore à Sydney, où l’attendait le consul de France et des membres de l’Alliance Française.

Un groupe de 36 personnes, parmi lesquelles un invité de dernière heure, Rémy Marginet, qui la veille avait embarqué de Barcelone à la place de Guillaume Bonnet, forfait suite à sa blessure au genou lors de France-Jamaïque.

Ilias Bergal, lui, remplaçant de Hakim Miloudi, privé de Coupe du monde pour raison disciplinaire, rejoindra le squad deux jours plus tard Narrabeen, le centre multisport servant de camp de base aux Coqs pour leur première semaine de préparation.

Narrabeen, un cadre champêtre et des installations sportives haut de gamme, avec comme comité d’accueil des tricolores, Tas Baitieri, de la Fédération Internationale, Andrew Johns, légendaire ex demi de mêlée des Kangourous, John Elias, ancien entraîneur de Pia, et le toujours aussi sympathique Brian Coles, qui a défendu avec talent les couleurs du même club salanquais, du XIII Catalan, et même de la France lors du Mondial 1995.

Les joueurs d’Aurélien Cologni, eux, étaient heureux de prendre possession de leurs chambres, en milieu de matinée, avant une séance de relaxation en piscine, et une visite guidée du vaste domaine situé à dix minutes des plages de Manly.

Car le voyage, passé en compagnie de “l’Italien” de Pia Baroudeurs, Christophe Calegari, avait été long, depuis le départ du Barcarès en présence du maire de la commune Alain Ferrand, et une petite lecture, à la vidéo, du match de la veille à Brutus.

Un voyage d’abord freiné par un bouchon sur l’autoroute menant à Barcelone, et que Rémy Marginet abordait avec un sentiment partagé : “Je suis écoeuré pour mon ami Guillaume Bonnet, et j’aurais bien sûr préféré que ma sélection ne résulte pas de sa blessure”.

Djalout, Herold et Maria rassurés

Celle, beaucoup moins grave, de Nabil Djalout, appartient déjà au passé. Car pendant que David Avenard, l’un des kinés, strappait la cuisse du Catalan, le médecin des Bleus, Christian Valero, précisait : “Il ne s’agit que d’une béquille”.

De son côté, Maxime Herold avouait encore “des légers maux de tête”, mais son large sourire, un jour et demi plus tard lors de la descente d’avion, à Sydney, en disait plus long que n’importe quel discours.

Tout comme la gastro-entérite qui avait privé Antoni Maria du match face aux Reggae Warriors, était déjà rangée dans la boîte aux mauvais souvenirs.

Loin des paillettes et de la démesure de l’aéroport de Dubaï, où les tricolores avaient fait escale, éblouis, pour certains, par de gigantesques murs d’eau, Narrabeen offrait son calme, sa verdure, ses terrains, son lac, sa faune.

Et les choses sérieuses pouvaient dès lors commencé…