Un essai, deux passes décisives, un drop : Mitch Moses a contrôlé un match qui aurait pourtant pu revenir à la France, sans ces deux ou trois approximations en attaque que dans un duel international on paie cash. Ce que ne manquait pas de relever Aurélien Cologni, dans le vestiaire des Bleus à l’âme : “C’est difficile à avaler, certaines choses n’ont pas fonctionné comme on le souhaitait, et on le paie très cher. Les petits détails ont fait la différence, nous n’avons pas su prendre nos opportunités en deuxième mi-temps. Lorsque nous sommes revenus à égalité, nous n’avons pas eu l’élan nécessaire pour passer devant au score”.

Tout a d’ailleurs été difficile, pour les Français, dès lors qu’ils “n’ont pas su prendre le match en mains”. Car les Cedars ont été plus pénétrants, on su utiliser à plein leurs kilos supplémentaires, et surtout marquer juste avant la pause l’essai de trop, celui qui à l’arrivée comptait double.

Jusque-là, devant des supporters nommés entre autres Manu Bansept, Russ Aitken, Jeff Lima, les anciens du Pontet, John McGuire et Sheridan, les Bleus (qui avaient reçu les encouragements écrits de Nicolas Larrat, Laurent Frayssinous, Sébastien Raguin, Steve McNamara, Julien Rinaldi) , avaient débuté par quelques maladresses, alors que Layoun, lui, profitait d’une mêlée proche de l’en but tricolore pour déflorer la marque.

En six passes, jusqu’à Bastien Ader, le meilleur des siens au même titre que Julian Bousquet, la France rétablissait la situation, puis un mouvement Ader – Ilias Bergal manquait de faire mouche, mais Nabil Djalout ratait son coup de pied rasant et à 9 secondes de la pause Lichaa contrait, et s’échappait au profit de Travis Robinson.

Heureusement, peu après la reprise, Ader, sous une chandelle délivrée par Théo Fages, mettait à profit une erreur adverse, et les deux équipes avaient encore des cartouches en magasin. C’était Doueihi qui tirait le premier sur haute passe au pied, puis Damien Cardace qui à son tour faisait feu, fruit d’une longue passe de Bousquet.

18-18 et douze minutes à jouer, le temps de voir Moses passer un drop, puis taper à suivre pour sa pomme.

L’essai casquette de Travis Robinson, né d’un coup de pied de Barthau contré, masquait la réalité. Il n’y avait pas tant d’écart entre les deux équipes. Le hic, c’est que l’une d’entre elles possédait en son sein Mitch Moses, la classe à l’état pur.

Le public presque entièrement acquis à la cause des faux Libanais et vrais Australiens, pouvait exhulter, et les Bleus pester après leur manque de densité physique et les quelques ballons cafouillés les condamnant à un très hypothétique exploit, à Perth contre l’Angleterre, pour espérer atteindre les quarts de finale.

Entre-temps, il leur faudra se farcir les Kangourous, et se refaire un mental forcément atteint. Ce qui n’échappait pas à Aurélien Cologni : “Ce n’est pas une colline, mais une montagne, qui se dressera vendredi devant vous, mais ne baissez pas la tête, nous sommes un groupe, et nous irons ensemble au bout”.

 

LA FICHE TECHNIQUE

France – Liban 18-29

Mi-temps 6-12

Terrain excellent, temps doux et ensoleillé, 5 492 spectateurs au GIO Stadium de Canberra

France : 3 essais Ader (16, 52), Cardace (68), 2 T (52, 68) et 1 pénalité (20) Barthau.

Liban : 5 essais Layoun (8), Travis Robinson (40, 80), Doueihi (63), Moses (76),  4 T (8, 40, 63, 76) et 1 drop (74) Moses.

IRLANDE – ITALIE 36-12

ECOSSE – TONGA 4-50