S’il “regarde peu la NRL”, il sait néanmoins que Josh Dugan, son adversaire direct, ce vendredi, “est puissant et rapide”. A l’image des Kangourous en général, c’est bien pourquoi selon Olivier Arnaud, “le moindre petit faux pas de notre part se payera cash”.

Reste que le Provençal dit avoir “toujours envie de bien faire”, et “n’importe quel joueur rêve de rencontrer l’équipe d’Australie”.

“Je n’ai plus joué depuis cinq mois, j’éprouve donc quelques craintes au plan du rythme, mais mentalement je ne lâcherais rien tant que mon corps me le permettra”, assure ce modèle de sérieux, qui est longtemps resté dans l’antichambre des Bleus, avant de se voir accorder sa première chance, à Leigh, en 2012.

“Les années précédentes, j’étais toujours dans le groupe, mais jamais mieux que 18è”, souligne celui qui fêtera sa cinquième sélection en bleu, au GIO Stadium.

Avec sur sa droite Ilias Bergal, un joueur qu’il a découvert dimanche dernier contre les Australiens originaires du Liban. “Pour un premier match, je trouve qu’il a eu de bonnes relances, de belles courses aussi. Il a encore été sûr, même s’il doit mieux régler son placement sur le jeu au pied”.

Et d’ajouter : “C’est quelqu’un d’agréable à côtoyer, toujours souriant”.

Papa” des deux Ben et de Fouad

Ce sont plutôt les joueurs originaires comme lui du Vaucluse, qu’il connait le mieux, au sein du groupe de 24 : “j’ai toujours plaisir à retrouver Benjamin Jullien, Fouad Yaha, Ben Garcia, moi qui était présent sur le terrain lors de leur premier match en Elite, avec Avignon”.

Olivier, qui aura 30 ans le 14 novembre, fait lui partie des anciens, et son amour pour le XIII de France l’a incité l’an passé à effectuer un brusque changement de direction.

“A Châteaurenard, où je m’étais engagé, je n’avais rien à redire sur la mentalité de l’équipe, bien  au contraire, mais la perspective de disputer le match France-Angleterre au Parc des Sports avignonais, avec l’espoir, derrière, d’être retenu pour la Coupe du monde, m’a fait me raviser, ce que j’ai expliqué aux dirigeants du club de XV”.

Olivier est donc toujours en course, aujourd’hui, avec dans son dos lui une riche et belle carrière, au cours de laquelle il a fait en sorte de régulièrement progresser, d’abord au contact de Florian Chautard, puis de Dean Amos, et enfin de Renaud Guigue.

Le commandant et les soldats

Un coach qu’il fréquente en plus en équipe de France, et dont il dit : “C’est la force tranquille, il trouve toujours les mots qu’il faut pour chaque joueur auquel il s’adresse”.

Olivier trouve Aurélien Cologni “plus directif, je le considère un peu comme un commandant, et nous les joueurs commes ses soldats”.

Enfin, il estime qu’Olivier Janzac “a une bonne perception des détails, en ce qui concerne la défense, et le travail sur le tenu”.

Le concernant, il dit avoir appris, au fil des ans, “à mieux travailler le centre d’en face”, sur un terrain, “à être plus dur en défense”, et enfin “à jouer un peu moins pour les autres”.

Une tendance exagérée au collectif, à voyager davantage en solidaire qu’en solitaire, dont il a eu du mal à se détacher. “J’ai toujours encore un peu ce défaut, aujourd’hui”. Le défaut d’une qualité, ajouterons-nous, quand on pratique un sport d’équipe.

Celle à laquelle il va se heurter, ce vendredi, est la meilleure au monde, mais Olivier, joueur de devoir par excellence, doté d’un bagage rugbystique complet, et d’une polyvalence toujours utile, dans un squad, fera en sorte d’afficher ses atouts, en aucune façon négligeables.

“Je me suis aussi rendu compte que seul le travail paie”, observe-t-il enfin. Il sait que face aux Kangourous il n’en manquera pas, mais il s’est déjà retroussé les manches…