Le cadre technique de la FFR XIII, et consultant sportif du staff des Bleus, a mené deux fois coup sur coup Limoux au titre de champion de France. Il apporte en équipe de France sa connaissance à Aurélien Cologni et Renaud Guigue, deux anciens joueurs de haut niveau de la même génération. Compétence et complicité unissent le sympathique trio. Interview du responsable du Pole France de Toulouse, Olivier Janzac, avant Angleterre-France, dimanche à Perth.

Quels joueurs découvrez-vous, cette année en équipe de France ?

“J’ai eu 80% des Bleus présents en Australie au Pole de Toulouse ou en équipes de France jeunes. Ceux que je connais le moins bien sont Théo Fages et Ben Garcia, partis tôt en Angleterre pour le premier, en Australie pour l’autre, de même que Jason Baitieri, auquel voici plusieurs années, en tant qu’ex Schoolboy lui-même, j’avais demandé de remettre les maillots aux U18 que j’entraînais, la veille d’une rencontre à Perpignan face à ces mêmes internationaux juniors australiens. C’était symbolique, et il avait été touché”.

Tout comme c’est spécial, pour vous, d’entraîner en équipe de France avec Renaud Guigue…

“Des liens avec lui se sont tissés depuis qu’en 2008 j’étais le coach du XIII de France féminin à la Coupe du monde, dont Jacques, son père, était le manager, et sa soeur, Lauriane, une des joueuses. Renaud et Aurélien, de leur côté, évoluaient ensemble aux Dragons Catalans, et moi-même ai été champion de France avec Aurélien, à Lézignan, d’où notre proximité entre nous trois”.

Quelle expérience avez-vous retiré du travail effectué en équipe de France auprès de Richard Agar, le prédécesseur d’Aurélien ?

“J’ai gardé d’excellentes relations avec lui, nous nous téléphonons assez fréquemment, mais j’étais le seul français du staff tricolore (ndlr : l’autre assistant était James Webster, et le préparateur physique était anglais). Richard vivait en Angleterre et prenait l’avion pour se rendre aux stages. J’apportais alors ma connaissance des joueurs de l’élite, et oeuvrais à la vidéo. Mon rôle était davantage celui d’un statisticien. Aujourd’hui le staff est à 100% français”.

L’approche du jeu a-t-elle changé ?

“Elle est globalement similaire, dans la création et l’exploitation de l’espace”.

Comment le staff des Bleus se situe-t-il par rapport à ceux des grandes nations du sud ?

“En terme de savoir, nous sommes moins loin d’eux que par le passé. Car aujourd’hui l’information circule très vite, notamment via internet. Et voici trois ans j’ai passé un mois dans l’entourage technique de Sydney Roosters, Aurélien s’est aussi rendu en stage d’observation en Australie”.

Qu’est-ce qui a différencié le comportement des Bleus face à l’Australie, par rapport au match précédent ?

“Au nombre des mètres gagnés, nous avons beaucoup progressé, de même qu’au niveau de la distance gagnée sur le jeu au pied, avec l’apport de Rémy Marginet. Et concernant la gestion des chaînes tactiques, nous sommes passés de 65% à 83%”.

Le score enregistré contre les Kangourous est cependant éloquent…

“C’est parce que nous ne sommes pas invités, au plan physique. Des gabarits comme David Klemmer et Aaron Woods mobilisent trop de défenseurs, d’où nos problèmes de replacement”.

Rien à voir avec le précédent Australie – France…

“En 2004 au stade Ernest-Wallon de Toulouse, les Kangourous avaient gagné 52-30, mais dans le pack nous alignions Jamal Fakir, David Ferriol, Adel Fellous, Olivier Elima, Rémi Casty. Il nous faudrait des joueurs de la même dimension physique, or aujourd’hui seul Julian Bousquet répond à ce critère de poids et de taille. C’est pourquoi nous devons réfléchir, au niveau du staff, à comment axer notre détection, pour espérer posséder cinq Bousquet en 2021”.

Qui, chez les jeunes, pointent le bout de leur nez ?

“Nous avons amené ici Lambert Belmas afin qu’il vive une première Coupe du monde, qu’il participe à la vie du groupe. D’autres sont d’une dimension athlétique approchante, comme Gadwin Springer, Justin Sangaré, Paul Séguier, Levy Nzoungou, à un degré moindre Jordan Dezaria. Corentin Le Cam est encore plus jeune mais avec une taille dépassant deux mètres, il pèse déjà plus de 100 kg”.

La défaite essuyée contre le Liban vous reste-t-elle toujours en travers de la gorge ?

“Bien sûr, nous sommes tous fautifs d’avoir perdu, joueurs, entraîneurs, dirigeants, mais on ne prépare pas une Coupe du monde l’année de la Coupe du monde, comme on ne prépare pas les JO l’année des JO. Nous préparons déjà aujourd’hui 2021, avec comme objectif d’atteindre le dernier carré de la compétition, et c’est sûr qu’une participation aux quarts de finale, en 2017, aurait été une première marche de gravie. Mais il reste un match au programme contre l’Angleterre, dimanche, et nous nous devons d’élever notre niveau par rapport à celui contre l’Australie”.