Perdre avec les honneurs : l’expression prenait tout son sens, dimanche soir dans le vestiaire des Bleus, après le match que ces derniers venaient de livrer. Auteurs d’une  performance digne d’éloges, en dépit du score fleuve, les joueurs et leur entourage éprouvaient à juste titre le sentiment du devoir accompli, tout en étant conscients du large fossé les séparant des maîtres de la planète XIII.

Marc Palanques : “Avec un match comme celui-là, au moins on sait que nous pouvons nous appuyer sur quelque chose. Car n’oublions pas que les Australiens sont champions du monde en titre, vainqueur des derniers Four Nations, après avoir passé quarante points aux Kiwis. De quoi être partagé entre fierté et regrets. Regrets de ne pas avoir accompli le même match contre le Liban. Mais celui d’aujourd’hui donne de l’espoir avant d’affronter les Anglais. Et si par chance nous pouvions nous qualifier pour les quarts grâce à une victoire sur l’Angleterre plutôt que sur le Liban…”

Mathieu Khedimi : “Enfin nous pouvons nous évaluer, après être restés huit ans sans affronter l’Australie. Nous savons désormais réellement ce qu’il nous reste à travailler pour devenir plus compétitifs sur la scène internationale, et des signes encourageants se sont fait jour, avec un groupe solidaire duquel se sont notamment dégagés Maxime Herold, qui a prouvé qu’il avait le niveau de Super League, et Théo Fages, bien meilleur que face au Liban dans son jeu dans la ligne”.

Jacques Jorda : “Malgré les 50 points d’écart, l’esprit était là, personne n’a flanché, ce qui est bon pour la confiance”.

Renaud Guigue : “Les Français, qui montent en puissance et auxquels il a manqué un match de préparation de plus, ont mis beaucoup d’intensité dans la partie, mais ont tombé quelques ballons qui explquent les cinquante points à l’arrivée. En tout cas, on a senti les Kangourous vexés, à un moment du match, ils ont alors élevé le rythme mais les Bleus ont relevé le défi. Et ils garderont de ce duel un bon souvenir”.

Théo Fages : “On a tous travaillé les uns pour les autres, et effacé la déception causée par notre échec face au Liban. Mais on ne peut plus se contenter de résultats en dents de scie, il y a désormais un gros coup à tenter contre l’Angleterre, et nous irons à Perth pour gagner”.

Thibault Margalet : “Ce fut très difficile, car en face cela allait très vite. Mais on peut être fiers de s’être ainsi épaulés les uns les autres, et on s’est davantage lâché balle en mains que conte le Liban. Nous avions une revanche à prendre sur nous mêmes. Place désormais à la récupération avant de nous remettre au travail en vue du prochain match. Nous pouvons construire sur celui de ce soir”.

Maxime Herold : “C’est le rythme qui m’a posé le plus de problèmes, car il y avait longtemps que je n’avais plus joué. Nous avons été durs au milieu, mais face aux Kangourous il convient d’être toujours attentif, car ils voient quand tu es fatigué, donc là où il faut jouer”.

Rémy Marginet : “Ma cheville gauche est abîmée, mais avec un strap et une infiltration ça passe. Nous les avons mis en difficultés à deux ou trois reprises, et nos avants ont été d’un immense courage, mais en deuxième mi-temps les Australiens allaient trop vite pour nous. Ils arrivaient comme des avions. Mais les affronter, c’est quelque chose ! Quand tu es enfant, tu rêves de jouer contre eux… A la fin du match, Billy Slater et Josh Dugan ont tenu des propos sympas sur notre attitude, c’est réconfortant”.

Fouad Yaha : “On avait l’impression que les Kangourous n’étaient jamais fatigués. Ils font presque tout à la perfection, et ils ont bien géré la deuxième période. L’écart important au score est lié à deux ou trois petites fautes de notre part, mais nous sommes restés soudés, et cela nous servira dimanche prochain contre l’Angleterre”.

Crédit photo NRL