Vainqueur de la Coupe de France juniors avec le XIII Catalan, Roger Palisses rejoignait Saint-Estève au départ de la saison 1982-83. Onze ans plus tard il mettait un terme à une remarquable carrière de joueur, au centre comme à l’ouverture, couronnée de trois titres de champion de France (1989, 1990, 1993) et d’une Coupe de France Lord Derby (1993). Réputé à la fois pour son bagage rugbystique complet, sa rigueur défensive, et son intelligence dans l’orientation du jeu, Roger brilla par ailleurs à maintes reprises sous le maillot tricolore, dont il fut plus tard le co-directeur en compagnie du regretté Hervé Guiraud.
On a fait appel aux souvenirs, entre premiers et derniers matchs, de celui qui avait débuté à l’USAP, dès l’âge de six ans, avant de rallier Canet XV, puis l’école de rugby stéphanoise chère à son beau-père, Henri “Tane” Chamorin, et enfin les cadets du XIII Catalan…

Premier match en équipe première

Saint-Estève – Tonneins (3è journée de la saison 1981-82)
“La saison précédente, bien qu’encore junior, j’avais disputé quelques rencontres d’Elite 1 avec le XIII Catalan, notamment en remplacement de Jean-Marc Bourret, blessé, mais à mon poste de centre la concurrence était relevée, avec ce dernier, Michel Naudo, François Fresquet, plus les jeunes Guy Delaunay et Francis Laforgue dans l’anti-chambre de l’équipe fanion. D’où mon choix de rejoindre Saint-Estève. Peut-être un aveu de faiblesse de ma part, mais la crainte de peu jouer a été la plus forte”.

Titulaire au centre, il inscrit un essai face aux Tonneinquais, pour sa première apparition sous le maillot stéphanois, puis réussit un doublé trois mois plus tard, le 13 décembre à Saint-Estève, lors de la venue du Pontet, défait 25-15, et encore fin février, face à Albi, châtié 40-4, comme en mars à Pamiers, battu 27-12.

Rapidement, au centre ou sur une aile, il se fraye une place de choix au sein d’un effectif comprenant Francis André, Michel Alibert, Didier Meynard, Bernard Siré, Jacques Jorda, Marc Cabaner, Serge Perez, Jean-Marie Bosc, Jean Poma, Denis Bertrand, Eric Ferrer, Georges Charcos, Jean-Luc Tène, Marc Dusacrécoeur, André Dediès, Serge Coastals, Pascal Terrats, Dominique Verdière, Roger et Marcel Pillon, Xavier Perez, Brial, Mach, Massé.

“Formé à l’école du XIII Catalan, où la ligne droite, la perforation, étaient de mise au centre, système qui a d’ailleurs fait ses preuves, j’ai rapidement été prié par José Calle, l’entraîneur, de modifier mon style. “Il te faut adopter l’évitement”, me conseillait-il”.

Il dispute son premier derby contre le XIII Catalan, le 18 octobre 1981 à Perpignan, inscrivant un essai, Serge Costals et Marcel Pillon réalisant pour leur part chacun un doublé, et Saint-Estève l’emporte 36-25.

Il marque à nouveau lors du match retour à Saint-Estève, le 31 janvier 1982, où le XIII Catalan s’impose 25-18.

Le dernier

“En 1993, pour un doublé Coupe – Championnat transformé en triplé, puisque nous avions remporté le Challenge Ambert, en début de saison, contre Pia et le XIII Catalan, et quoique nous nous connaissions par coeur, entre voisins, nous ne nous étions fait aucun cadeau. En finale du championnat, contre le XIII Catalan, un samedi soir au Stadium toulousain, Saint-Estève alignait ce qu’on surnommait “la première ligne chinoise”, Hadj Boudebza, Mathieu Khedimi, Abet Baklouch. Bien que battus, les Catalans, entraînés par Ivan Grésèque, avaient inscrit deux essais, contre un seul de notre part, mais il faut dire qu’il y avait de la qualité, en face, avec notamment Pascal Bomati, Pascal Jampy, Taï Pepere, Bernard Llong. Un match d’une grande intensité, que j’avais terminé en troisième ligne. Louis Sutton s’était montré excellent, et Yves Castany, le coach, avait réuni sur le terrain les trois frères, Pierre et Stéphane Chamorin, qui avait remplacé Abet, blessé, en début de partie, et moi-même. Un grand souvenir !”

Première finale

Celle du championnat, au printemps 1982, dernier match de Jacques Jorda comme joueur. Le XIII Catalan est sacré 21-8. Guy Laforgue est désigné “joueur de la finale” et “joueur de l’année”.

“Nous n’étions pas au niveau, sur le plan athlétique. Pour tenter de compenser, Marcel Pillon avait évolué en troisième ligne, et plaqué toute la partie avec la générosité qui le caractérisait. En fait, de 1982 à 1986, à Saint-Estève nous étions dans une période de vaches maigres. Plus tard, notre meilleure saison était quand Pierre Zamora, qui faisait monter les joueurs aux arbres, avait été associé à Jacques Jorda, maître technicien et tacticien, à la barre de l’équipe”.

Premier titre

“J’avais manqué la finale de la Coupe 1987, remportée 20-10 face au XIII Catalan, car opéré d’un genou peu de temps auparavant, mais deux ans plus tard à Narbonne, contre Le Pontet, battu 23-4, j’étais présent, et derrière Saint-Estève était brillant, avec Michel Roses, Hugues Ratier, Guy Delaunay…”

Le dernier

“La finale du championnat 1993, comme joueur. Et celle de 1997, ma dernière comme coach, face aux Villeneuvois de David Ellis. Nous avions réalisé une première mi-temps de rêve, au terme de laquelle nous menions 23 à 6, pour finalement triompher 28-24, et mes deux frères étaient sur la pelouse”.

Premier match tricolore

“Je n’ai jamais été international cadet ou junior, me révélant relativement tard, et j’ai fêté ma première sélection en Espoirs, en 1982, face à l’Australie, au stade des Minimes, face aux “monstres” qu’étaient Eric Grothe, Brett Kenny et consorts. Alain Maury, qui jouait au centre aux côtés de Philippe Fourcade, avait inscrit le seul essai français de toute la tournée des Kangourous”.

Roger a ensuite disputé son premier match avec le XIII de France, le 17 février 1984, à Leeds, contre la Grande-Bretagne.

“Nous avions chuté 10-0, encaissant cinq pénalités de Hobbs, et le fait de n’avoir pas concédé d’essai relevait de l’exploit. Un fait rare, sur le sol anglais”.

“Une des révélations du match. De bons choix offensifs et de nombreux “cartons”. Un match plein”, avions-nous écrit à propose de Roger, dans les colonnes de L’Indépendant. Auteur d’une prestation exceptionnelle, Guy Laforgue avait été le seul tricolore à obtenir cinq étoiles, une de plus que Roger, Philippe Fourquet, Patrick Wozniack, Patrick Solal, Jean-Louis Meurin et Patrick Trinque.

Le dernier

23 juin 1991 à Christchurch, contre la Nouvelle-Zélande, victorieuse 32-10. Roger était entré en cours de match.

“Deux ans plus tôt (ndlr : 21 janvier 1989), à Wigan, nous avions perdu honorablement 10-26, face aux Lions britanniques, qui alignaient une grosse armada, avec Alan Tait, Martin Offiah, Shaun Edwards, Andy et Mike Gregory, Ellery Hanley, Paul Loughlin… Mais mon meilleur souvenir date du 17 mars 1985, avec notre victoire 24-16 à Perpignan, face aux mêmes Britanniques. Un exploit presque du même ordre que la victoire de 1990 à Leeds. J’avais adressé une passe en cloche à Didier Couston, pour un essai de l’ailier vauclusien, initié par Ivan Grésèque, avec Pierre Montgaillard en relais. Didier en avait d’ailleurs inscrit deux autres, et pour contrer Ellery Hanley, Raymond Gruppi avait titularisé Francis Laforgue à l’ouverture. Ce dernier n’avait pas lâché la star adverse d’une semelle ! Ce jour-là, toute l’équipe avait été au rendez-vous, tant en attaque qu’en défense. Je garde en outre d’excellents souvenirs de la période Roussillon Rugby League, comme des matchs disputés avec le Languedoc-Roussillon. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’était solide !”