Au plus près, désormais, des jeunes de la ville, répondant ainsi au vœu formulé par la municipalité. Foued El Fekih, 36 ans, a joué en Élite 2 à Châtillon, au poste d’ailier, jusqu’au milieu des années 2000, sous la houlette, notamment, de Didier Ouali, et aujourd’hui, entouré de la dynamique secrétaire générale Amel, de Florian Lasvesle, Vincent Causuque, Vincent Marin, et Maxime, il effectue un salutaire travail d’insertion par le sport, dans un quartier, son quartier, qu’il connait comme sa poche.

«C’est en détention à la centrale de Fleury-Mérogis, que j’ai découvert le rugby à XIII, en 2003», explique celui qui a pris la présidence, en septembre 2019, dans un contexte difficile.

«Je dois beaucoup aux anciens dirigeants, sur le plan rugbystique, ce sont d’ailleurs eux qui m’ont incité à prendre la présidence, mais je n’ai hélas pas eu accès aux informations nécessaires à ma fonction», poursuit Foued, qui regrette que l’ancienne gouvernance «n’ait pas fait ce que la ville leur demandait».

A savoir une formation des jeunes seule garante de pérennité.

«Lors des quinze dernières années, seuls trois habitants de Nanterre étaient licenciés au club, lequel reposait dans son immense majorité sur des seniors». Aussi, dès sa nomination comme président, la municipalité lui a proposé le marché suivant : «Si vous ramenez dix jeunes, nous vous suivrons».

«Avec mes amis dirigeants, nous en avons ramené 34, les pires avec les meilleures des qualités, comme ce jeune de 15 ans, 1,93 m et 125 kg, débauché au centre de formation du LOSC football».
Et sur ce stade ceinturé de tours d’immeubles, où Foued lui-même a grandi, le rugby à XIII fait aujourd’hui bon ménage avec une jeunesse certes en difficulté, mais heureuse de s’épanouir un ballon ovale en mains.
Reste que le Nanterre nouveau n’en est encore qu’au stade des balbutiements.
«Les joueurs ont entre 8 et 16 ans, et au début nous nous sommes déplacés dans les collèges, avons payé de notre poche les crampons, accompagné les jeunes après l’école, certains parmi eux élevés par leur seule mère, le père étant en prison, en tout nous avons dépensé 4000 euros, et il a fallu trouver une solution pour remédier à cette situation provisoire», souligne le président d’un club auquel Marc Palanques a rendu visite, au début de l’année.

«Je sais qu’il est critiqué par certains, mais il a été à l’écoute, et ensuite tenu parole, la FFR XIII nous ayant octroyé, depuis, vingt licences gratuites».
Le club a participé à deux rassemblements de jeunes, peu de temps avant le confinement lié à l’épidémie du COVID-19, et il prépare d’ores et déjà la saison 2020-2021.
«Il nous faut faire grandir notre structure, débloquer des subventions, développer des licences loisirs pour les adultes, et, à terme, créer des équipes cadets, juniors et seniors».
Une tâche colossale qui, toutefois, n’effraie pas Foued et ses comparses, résolus à faire de Nanterre le club de la ville.