“On avait mis l’accent sur l’entame, hélas nous avons été pénalisés sur la première chaîne”, regrettait Aurélien Cologni, la sanction étant rapidement tombée, comme toujours face à un adversaire de ce calibre, qui alignait d’entrée un pack à cinq branches de NRL (les Burgess, Hodgson, Graham et Whitehead).

La force était avec les Anglais, et en suivant elle transportait le public et anéantissait les espoirs des Bleus.

Car dans leur désir de bien faire, ils commettaient des fautes sur lesquelles les Blancs sautaient à pieds joints : rasant souriant à Johnstone (auteur en 2018 de 24 essais en 23 matchs de Super League, avec Wakefield), pour la première de ses trois conclusions.

Sa deuxième réalisation était chanceuse, pas la troisième, quand il devançait dans les airs le duo Paul Marcon – Stan Robin.

La suite était du même tonneau, avec une attaque fusant jusqu’à Myler, Milner déblayant le terrain pour Luke Thompson, et Whitehead lancé tel un obus.

Occasions bleues envolées

38-0 à la pause, donc, mais au moins, au terme d’un chouette mouvement offensif, Théo Fages avait feinté la passe pour frôler l’essai (25è), et Hakim Miloudi, pourtant grippé depuis l’avant-veille, avait fait des siennes au profit de Tony Gigot, lequel échouait pour une poignée de centimètres (38è).

“Avec un score tellement contraire, les Bleus ont eu le mérite de trouver les ressources nécessaires pour faire cette fois jeu égal avec leurs hôtes”, constatait l’entraîneur des tricolores, au terme d’un second acte autrement mieux ficelé de leur part.

Avec vingt minutes sans concéder d’essai, avant de voir Connor cueillir adroitement une passe au pied, juste avant la première flèche bleue dans le mille. La feinte de corps de Théo Fages, après deux charges remarquables de Benjamin Jullien et Valentin Yesa, concrétisait logiquement la saine réaction française.

Gigot estime avoir marqué

Et les Bleus auraient même mérité mieux : Bastien Ader était tout près de conclure, au ras (65è), Théo Fages n’était à son tour pas loin du but, Tony Gigot prétendait avoir inscrit l’essai que M. Kendall venait de lui refuser, en l’absence de la vidéo (65è), une offensive de toute première qualité se terminait pas une mésentente entre William Barthau et Jason Baitieri (67è).

Et à l’arrivée, même si la France n’a toujours pas inscrit plus d’un essai par match face aux Anglais depuis 2011, l’honneur était plus que sauf, de la part de joueurs handicapés par leur maigre vécu ensemble.

“Le contrôle du ballon avait été bien meilleur après la pause, Lambert Belmas a tenu la baraque au sein d’un pack qui s’est toujours battu, les joueurs ont mis du coeur à l’ouvrage, nos chaînes ont hélas été parfois stériles, mais nous travaillons dans la perspective de 2021 avec un groupe élargi, et les joueurs doivent accepter de rentrer et de sortir de celui-ci”, estimait Aurélien Cologni, alors que Jason Baitieri, capitaine on ne peut plus valeureux, se disait “fier de la deuxième mi-temps”.

Quarante minutes porteuses d’espoir pour la Coupe d’Europe, avec cette fois pour mission de mettre plus tôt, du charbon dans la machine.

ANGLETERRE – FRANCE 44-6

Mi-temps : 38-0.

5 144 spectateurs à Leihh.

Arbitre : Chris Kendall.

Angleterre : 8 essais T. Burgess (1), Johnstone (13, 19, 26), Myler (30), L. Thompson (34), Whitehead (40), Connor (59), 6 transformations Connor (1, 19, 26, 34, 40)et Percival (59).

France : 1 essai Fages (63), 1 transformation Barthau (63).

ANGLETERRE : Shaul – Johnstone, Lyne, Percival, McGillvary – (o) Myler, (m) Connor – Graham, Hodgson, T. Burgess – O. Holmes, Whitehead – G. Burgess.

Sont entrés en jeu Adam Milner, L. Thompson, Mulhern, Sutcliffe.

FRANCE : Robin – H. Miloudi, Gigot, Ader, Marcon – (o) Fages, (m) Barthau – Canet, A. Da Costa, Belmas – Jullien, Goudemand – Baitieri (cap).

Sont entrés Yesa, B. Escamilla, Margalet, Marion.