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Enzo Peyre : « Ne jamais rien lâcher malgré les difficultés ! »

Un jeune arbitre certes, mais pas novice !

Peux-tu présenter ? Ton âge ? D’où viens-tu ? Ton statut scolaire ?

Je m’appelle Enzo Peyre. Je viens d’avoir 19 ans. J’habite à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne. J’ai obtenu un baccalauréat professionnel Commerce en 2020.

Quelle est ton expérience sportive dans le rugby à XIII ? Quels autres sports ou activités pratiques-tu ?

J’ai pratiqué un an en pupille (U9) mais j’ai été obligé d’arrêter à cause d’une opération des reins en 2010. J’ai tenté de rejouer au rugby mais cela ne m’a pas plu. Je pratique depuis peu de temps la musculation.

Match à Villeneuve-sur-Lot, stade Max Rousié début avril 2019 peu avant la blessure pour une rencontre des locaux contre Toulouse en catégorie U19 élite. Crédit : Nicolas Dumoulin.

Pourquoi avoir commencé l’arbitrage au rugby ? Quel est ton parcours d’arbitre ?

J’ai commencé l’arbitrage grâce à mon frère Fabien Nicaud. J’entame ma sixième saison. J’ai arbitré ma première finale au centre il y a cinq ans (finale U17 au Barcarès). J’ai remporté plusieurs trophées en Aquitaine puis le prix du meilleur arbitre espoir de France en 2018. J’ai fait mes premières phases finales en élite 1 : demi-finales à Lézignan en juin dernier puis quatrième arbitre pour la finale à Toulouse au stade Ernest-Wallon en Championship. En cette année 2021, j’ai intégré le championnat anglais grâce à une collaboration entre la FFRXIII et la RFL. Je n’ai pas encore participé à un match international mais j’aimerais énormément.

Te souviens-tu de ton premier match ?

Oui, c’était à Sainte-Livrade-sur-Lot, près de chez moi. Mon frère était au centre et j’étais à la touche. Juste une anecdote : il y avait un sanglier sur un autre terrain non loin de là. Tous les spectateurs l’ont remarqué mais étant tellement concentré sur le match, je n’ai rien vu !

Quel a été ton match le plus difficile ?

C’était mon deuxième match en catégorie juniors élite au centre à Albi. Il y a eu plusieurs cartons rouges. Je pense que j’étais trop jeune pour gérer un tel match.

Quel a été pour l’instant ton meilleur souvenir ?

Il y en a eu beaucoup mais si je devais en choisir un seul, c’est la finale de Championship à Toulouse cette année. J’officiais comme responsable des changements côté Featherstone. J’ai vécu cette désignation et cette expérience comme une récompense pour cette saison. En effet, il était prévu que j’assure le rôle de juge de touche en Championship mais cela n’a pas pu se faire en raison de l’annulation des matches à Toulouse.

Quelles satisfactions t’apportent l’arbitrage ?

Cela m’apporte énormément au point de vue psychologique. J’ai passé presque deux ans sans sport à cause d’une grosse blessure à la cheville en 2019 avec opération et complications. Mentalement c’était très, très compliqué. Cela m’apporte une satisfaction au niveau physique aussi car c’est l’opportunité d’avoir une activité sportive exigeante et régulière.

Comment te prépares-tu pour arbitrer pendant la saison ?

Chaque semaine, je fais deux séances de course en insistant sur des fractionnés et je vais trois fois à la salle de sport pour faire du renforcement musculaire. Pour les exercices spécifiques à l’arbitrage, je m’inspire des conseils de Loïc Carpène qui m’ont aidé à me remettre en activité après ma blessure.

Match à Lézignan au stade du Moulin en avril 2021 pour la demi-finale du championnat de France Elite 1 : FCL contre St. Estève. Avec Benjamin Casty (centre) et Kévin De La Rose (à droite). Crédit : M.M. photographie

Quelle est ton approche d’un match ? As-tu des habitudes, des rites ?

Depuis la reprise de la saison dans la mesure du possible, j’essaie de faire des revues d’avant-match. Le jeudi, j’échange avec les juges de touche sur le match à venir en précisant les exigences sur les placements, la communication. On évoque également les équipes et joueurs en présence. Je favorise ainsi le travail d’équipe en collectant un maximum de renseignements.

Comment se passe l’intégration des nouvelles règles ?

J’ai eu l’occasion d’intervenir en présaison 2021 lors d’entraînements de l’équipe Championship du Toulouse Olympique ainsi qu’avec les Léopards de Villeneuve-sur-Lot. J’ai ainsi pu intégrer les nouvelles règles assez tôt.
Tous les joueurs ne sont pas encore au fait de toutes les nouvelles règles mais grâce à une bonne communication avec les arbitres, j’ai bon espoir que les automatismes se mettront rapidement en place. À mon sens, la règle des plus six est la plus difficile à assimiler car les joueurs pénalisés doivent en quelques secondes comprendre la motivation du plus six, l’appliquer et se corriger pour éviter une nouvelle sanction.

Qu’est ce qui est le plus difficile selon toi quand tu arbitres ?

J’ai dû travailler et je continue d’ailleurs mon rôle de pédagogue en tant qu’arbitre. À mes débuts, j’étais « trop dans la règle » et avais du mal à faire l’effort d’expliquer mes décisions. Si on connait toutes les règles par cœur sans communiquer et en expliquant, les matches peuvent devenir difficiles à gérer. L’enjeu c’est aussi de travailler toutes les semaines pour être le plus possible régulier sur la saison. Je fais mes analyses d’après match grâce aux clubs qui me transmettent la vidéo des rencontres. Je travaille aussi le placement sur le terrain à l’entraînement.

Quels conseils donnerais-tu à un jeune arbitre ?

Je conseillerais de ne jamais rien lâcher malgré les difficultés (blessures, charge mentale liée aux commentaires pas toujours agréables…) et qu’avec du temps et beaucoup de travail, ça finit toujours par payer et permet de vivre de bons moments dans notre sport.

Quels sont les souhaits pour ta carrière d’arbitre

Je vais tout faire pour être sélectionné pour la coupe du monde 2025 que j’espère voir être jouée en France. J’aimerais partir en Australie pour continuer et perfectionner mon arbitrage et aller le plus loin possible.

Quel est (ou a été) ton arbitre préféré ?

Il y a beaucoup de bons arbitres mais évidemment mon frère Fabien Nicaud reste une référence pour moi. Il y a aussi Thierry Alibert qui est l’exemple international et aussi Benjamin Casty qui est devenu un très bon ami et qui est génial comme personne.

Quels sont tes souhaits pour l’arbitrage en France ?

Je souhaite que le recrutement reparte et que l’arbitrage français revienne en force au niveau international. Il faut aussi former des jeunes pour le futur.

Tu as été désigné par la RFL comme juge d’en-but à Perpignan et suppléant à Toulouse cette année. Que t’ont apporté ces expériences ?

J’ai eu beaucoup de chance d’intégrer ce haut niveau et de participer à des matchs de Super League et de Championship. Ça m’a apporté encore plus de régularité et cela a renforcé mon envie d’aller le plus loin possible. J’ai vécu ces moments avec beaucoup de bonheur.

Entretien réalisé par l’équipe communication de la CCA animée par Jérôme Cavalli.

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