Crédit Photo : Justine REY

Comme ses illustres devanciers anglais, Tim Roby, qui officie désormais en NRL, et James Child, José Pereira a longtemps été juge de touche international, avant de tenir le sifflet au centre du terrain.

“Je suis le même processus qu’eux, mais j’ai pris du retard”, explique celui qui durant sept ans, de 2007 à 2013, s’est volontairement cantonné au bord des pelouses, notamment britanniques et australiennes, avec deux Coupes du monde sur son carnet de bord.

“Il faut être réaliste, prétendre, pour un arbitre français, arbitrer en Super League, est quasiment impossible, aussi lorsque s’est présentée à moi l’opportunité de fréquenter cette compétition comme juge de touche, je n’ai pas hésité”, indique celui qui a débuté tard dans l’arbitrage, à 30 ans, carrière de joueur écourtée en raison de problèmes aux cervicales.

Champion avec Sands et Cannon

Jusque-là, en qualité de talonneur, après avoir fait ses classes à l’école de rugby d’Albi RL, il a joué avec les Espoirs du grand club tarnais, et disputé quelques matchs en première, avant de passer deux saisons à Lescure, pour terminer son parcours bardé d’un titre de champion de France Elite 2 sous la bannnière de Villefranche-Aveyron, aux côtés notamment de Jason Sands, Glenn Cannon, Philippe Ricard, Jérôme Frayssinous, Sébastien Marty, Jérôme Pezet.

Et aujourd’hui, âgé de 45 ans, il assure ne pas avoir perdu son temps en se consacrant si longtemps au rôle d’arbitre de touche, avec en point d’orgue un mémorable Australie – Nouvelle-Zélande en match d’ouverture de la Coupe du monde 2008.

Ne lui demandez d’ailleurs pas de choisir entre les deux fonctions : “Je me suis autant régalé sur la touche qu’au centre, même si l’impact sur le jeu est forcément différent. Je peux simplement avancer que sur le bord de la pelouse, on subit plus fortement la pression du public et des entraîneurs”.

Rester concentré

Pour lui, l’essentiel est de toujours vivre à fond sa passion, et son âge ne représente pas un obstacle : “J’aurai des difficultés à quitter un jour l’aire de jeu, et pour l’heure j’ai pour objectif de me perfectionner encore et encore. Je sais que je dois veiller à être constamment attentif aux règles du jeu et au jeu lui-même, car une période de déconcentration, dans un match, est quasi inévitable”.

Cela s’appelle la passion. Celle qu’il éprouve pour le rugby à XIII d’abord, pour l’arbitrage ensuite, depuis que son mentor, Jean-Pierre Boulagnon, un ancien arbitre français renommé, la lui a transmise. Lui offrant ainsi l’opportunité, quelques années plus tard, d’officier notamment en Serbie, Italie, Irlande…

Au centre, et rien qu’au centre, depuis quatre ans, il opère souvent, cette saison, en Elite 1, et n’a surtout pas boudé son plaisir à l’occasion de deux matchs marquants, à ses yeux : “Il y a eu début février Saint-Gaudens – Avignon, puis fin mars Lézignan – Saint-Gaudens, autant de duels équilibrés, dynamiques, disputés par des joueurs disciplinés, à l’écoute, au cours desquels je n’ai commis que le strict minimum de fautes”.

Au soutien des Belges

Et fort de sa longue expérience, il aime aujourd’hui former des arbitres de pays émergents, comme en juillet prochain où pour le compte de la Fédération européenne, en compagnie de Jérôme Cavalli, il offrira son savoir à ses collègues belges.

Une tâche qui lui tient à coeur : “J’aimerai qu’à l’avenir, lors de compétitions internationales majeures, on puisse faire appel à des arbitres centraux autres que australiens, anglais et néo-zélandais, ce qui nécessite évidemment, en amont, un important travail de formation”.

C’est dire si José Pereira a encore beaucoup à donner à un rugby à XIII dont il ne compte pas s’éloigner de sitôt.

Extrait du Magazine FFRXIII de mai 2018.(52 pages de Rugby à XIII)

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