Super, le XIII !, s’est dit Luc Dayan, voici déjà vingt ans. Quand lui-même, aux côtés de Charles Biétry, gravitait dans les sphères du Paris Saint-Germain Omnisport. La section Rugby à XIII du club francilien inondait alors de ses courses, de ses passes, de ses chocs, la pelouse du stade Charléty, dans la capitale. L’aventure prit fin au bout de deux ans, mais depuis, le spécialiste du marketing sportif avait toujours conservé une vive affection pour une discipline qu’il fit ensuite découvrir, via son habit de président du RC Lens, au public du stade Bollaert, en 2012 lors d’un mémorable France – Pays de Galles.

Un succès populaire qui démontrait que le XIII avait toute sa place en dehors de ses bases géographiques traditionnelles, au point d’imaginer, avec le président de la FFR XIII de l’époque, Nicolas Larrat, la création d’une compétition étendue à tout le territoire hexagonal.

OUVERT A TOUS LES RUGBYMEN

Une idée abandonnée par le successeur de l’avocat toulousain, puis reprise, l’hiver dernier, par Marc Palanques. Lequel confiait donc à Luc Dayan le soin d’imaginer un format innovant, propre à convaincre les indispensables investisseurs, et recevant aussitôt l’aval de Robins Tchale-Watchou, l’ancien avant de rugby à XV du Stade Français, Perpignan et Montpellier, aujourd’hui président de PROVALE, syndicat de joueurs du coup d’ores et déjà ouvert aux treizistes.

Et si l’entreprise du Super XIII arrive à son terme, on trouvera parmi les participants aussi bien des joueurs de notre championnat de France Elite (décembre à juin), que d’autres venus du XV, dont des chomeurs et ceux en manque de temps de jeu appartenant à des effectifs souvent pléthoriques, du VII, et des étrangers attirés par les conditions proposées (CDD de quatre à six mois, instauration d’un salary cap, rémunérations brutes mensuelles oscillant entre 3000 et 5000 euros, en fonction des recettes).

“Je vais rencontrer Philippe Richert, le Président de l’Association des treize Régions de France, et lui soumettre ce projet ayant déjà retenu l’attention de présidents de clubs pros de football et de rugby à XV“, indique Luc Dayan, mandaté par la FFR XIII pour convaincre d’importantes sociétés de participer à un budget qui tournerait entre 10 et 15 millions d’euros.

“PREMIERS RETOURS POSITIFS”

Treize régions, dont chaque président sera invité à trouver un surnom à la sélection qui évoluera sur ses terres, des journées étalées de mi-juin à mi-septembre, les quatre premiers du classement disputant des demi-finales, la finale sur le terrain du mieux classé.

Ce concept révolutionnaire, “Une couleur, un surnom, une équipe”, est destiné à promouvoir “un sport inexploité”, selon le propre terme de Luc Dayan, et donc à bouleverser un ordre depuis trop longtemps établi, le Rugby à XIII ayant tout intérêt à sortir des sentiers battus s’il entend réellement peser auprès des sociétés de télévision que le porteur du projet va s’efforcer de convaincre, au même titre qu’un équipementier commun à toutes les équipes, et les Conseils Régionaux susceptibles d’accorder des subventions.

Un vaste mais exaltant chantier faisant appel à toutes les compétences, comme celle du groupe Vinci, favorable à l’utilisation par le Super XIII, des stades de football dont il a la gestion. “Les premiers retours sont positifs”, assure Luc Dayan, l’esprit entièrement dirigé vers cet été 2019 que tous les treizistes dignes de ce nom appellent de leurs vœux.