Le rugby a toujours fait partie de la vie de Camille Boudaud. Internationale à XV, championne de France avec le Stade Toulousain, vainqueure du Tournoi des Six Nations et auteure d’un Grand Chelem avec le XV de France, elle a choisi en 2022 de tourner une page importante de sa carrière. Trois ans plus tard, c’est sous le maillot de l’équipe de France de Rugby à XIII qu’elle a vécu un nouveau moment fort : sa première sélection internationale face à l’Angleterre, à Ernest-Wallon, dans le stade même où elle avait terminé sa carrière à XV. Elle est aujourd’hui devenue la première joueuse française à avoir porté le maillot tricolore en rencontres internationales dans les trois disciplines : le rugby à 7, le rugby à XV et le rugby à XIII.
Une histoire d’amour avec le rugby née à La Rochelle
C’est à l’âge de 13 ans que Camille Boudaud découvre le rugby au sein des POC-ettes de La Rochelle.
« J’ai découvert ce sport grâce à mon père, qui était supporter du Stade Rochelais. En discutant avec des personnes qu’il retrouvait au stade, nous avons appris qu’il existait une équipe féminine. Avec une amie, nous avons décidé d’essayer le rugby… et depuis, ce sport ne m’a jamais quittée. »
À ses débuts, le Pallice Océan Club ne dispose pas encore d’équipe cadettes. La jeune joueuse s’entraîne alors avec les seniors avant qu’une équipe jeunes soit créée un an plus tard, lui permettant de découvrir la compétition.
Son potentiel est rapidement repéré et elle intègre le Pôle Espoir féminin de Rennes dès son entrée au lycée.
Une carrière remarquable dans le rugby à XV
Sous les couleurs du Stade Rennais, où elle évolue pendant six saisons, Camille Boudaud franchit les différentes étapes du haut niveau. Elle connaît ses premières sélections en équipe de France U20 avec plusieurs rencontres face à l’Angleterre.
Son parcours de haut niveau la conduit également à intégrer le Pôle France de Marcoussis, où elle poursuit sa formation pendant deux saisons, avant de poursuivre son ascension vers les équipes nationales.
Parallèlement à son parcours sportif, elle poursuit ses études et participe à une Coupe du monde universitaire au Brésil avec l’équipe de France universitaire, conclue par une médaille d’argent.
Cette expérience lui ouvre ensuite les portes des sélections nationales à 7 développement, avant de rejoindre le XV de France féminin en 2016.
La même année, le Stade Toulousain lui propose un nouveau défi. Un choix qui marquera la suite de sa carrière.
Sous les couleurs rouge et noire, elle enrichit un palmarès déjà conséquent avec deux Coupes de France, deux titres de championne de France à 7 et un titre de championne de France à XV. Elle s’investit également dans la formation en entraînant les cadettes du club, qu’elle conduit jusqu’au titre de championnes de France.
Avec les Bleues, elle remporte le Tournoi des Six Nations 2016 puis participe au Grand Chelem historique de 2018, le dernier réalisé par le XV de France féminin à ce jour.
Une parenthèse nécessaire avant la découverte du XIII
Après plusieurs années passées au plus haut niveau, Camille Boudaud ressent le besoin de s’éloigner des terrains.
« Cela faisait plusieurs mois, voire plusieurs années, que je tirais énormément sur la corde, aussi bien physiquement que mentalement. Je ne prenais plus vraiment de plaisir et j’avais besoin de couper. »
En 2022, elle met un terme à sa carrière à XV et s’accorde plusieurs mois loin du rugby. Elle découvre alors le CrossFit avant que le ballon ovale ne finisse par la rattraper.
C’est grâce à des échanges avec des membres de son entourage qu’elle découvre le club de Lescure et décide de tenter l’aventure du Rugby à XIII.
« Au fond de moi, le rugby me manquait sans que je m’en rende vraiment compte. »
Très vite, elle retrouve ce qui l’avait poussée à pratiquer ce sport.
« J’y ai retrouvé le plaisir et l’humain que j’avais progressivement perdus lors de mes dernières années en rugby à XV. »
Un rugby différent, mais complémentaire
Ce qui séduit immédiatement l’ancienne internationale à XV, c’est la richesse de l’apprentissage qu’offre le Rugby à XIII.
« J’aime énormément être dans un processus d’apprentissage permanent. Le fait de repartir de zéro, de découvrir de nouvelles règles et une autre façon de pratiquer le rugby est extrêmement enrichissant. »
Pour elle, les deux disciplines sont complémentaires.
« Que ce soit dans l’approche du plaquage, la stratégie ou la lecture du jeu, les deux disciplines peuvent véritablement s’enrichir mutuellement. »
Elle apprécie également l’intensité propre au XIII.
« Les matchs sont moins hachés, il y a davantage de temps de jeu effectif. On touche plus de ballons, on participe à plus d’actions et l’engagement physique est très important. »
Une première sélection chargée de symboles
Le destin a réservé un clin d’œil particulier à Camille Boudaud pour sa première sélection internationale à XIII.
C’est à Ernest-Wallon, stade qu’elle connaît parfaitement pour y avoir évolué durant six saisons avec le Stade Toulousain, qu’elle a honoré sa première cape avec l’équipe de France féminine.
« Ce fut un moment extrêmement riche en émotions. J’ai vécu ma première sélection en rugby à XIII dans un stade où j’ai évolué pendant six années, au sein d’un club mythique que j’avais toujours rêvé d’intégrer. »
Une émotion d’autant plus forte que Toulouse occupe une place particulière dans son parcours.
« Cette ville m’a beaucoup apporté, tant sur le plan sportif que personnel. J’y ai construit une grande partie de ma vie. »
Après avoir vécu de nombreux moments marquants dans cette enceinte, elle n’aurait jamais imaginé y revenir sous les couleurs du Rugby à XIII.
« Si, à la fin de ma carrière à XV, quelqu’un m’avait dit qu’un jour je reviendrais ici pour vivre ma première sélection en équipe de France à XIII, je ne l’aurais jamais imaginé. »
« Un week-end exceptionnel »
Au moment de conclure cette première aventure internationale, Camille Boudaud retient avant tout l’aspect humain.
« Je tiens à remercier toutes les joueuses avec qui j’ai partagé cette première aventure, mes coéquipières de club, mes coéquipières en équipe de France ainsi que l’ensemble du staff. Merci pour leur bienveillance, leur confiance et pour m’avoir permis de vivre cette première sélection dans les meilleures conditions. »
Et de conclure :
« Ce fut un week-end exceptionnel, aussi bien sur le plan humain que rugbystique, et je garderai ces souvenirs toute ma vie. »
Une première cape qui marque le début d’une nouvelle aventure sous le maillot tricolore pour une joueuse dont la passion du rugby continue de s’exprimer, désormais, sur les terrains de Rugby à XIII.
En honorant sa première sélection avec l’équipe de France de Rugby à XIII, Camille Boudaud n’a pas seulement ouvert un nouveau chapitre de sa carrière. Elle est devenue la première internationale française à avoir porté le maillot bleu dans les trois disciplines du rugby : à 7, à XV et à XIII, symbole d’un parcours exceptionnel au service du rugby français.

