La Coupe du monde 2026 en Australie s’achève pour nos équipes de France féminine et masculine. Au moment de refermer ce chapitre, je souhaite m’adresser personnellement à celles et ceux qui ont pris part à cette aventure et, plus largement, à tout le Rugby à XIII français.
Je veux d’abord remercier nos joueuses et joueurs.
Porter le maillot de l’équipe de France est une responsabilité et un honneur. Vous avez accepté l’exigence d’une compétition mondiale, avec tout ce qu’elle comporte de contraintes, de sacrifices, d’engagement et de frustration. Je veux saluer votre investissement, votre disponibilité et votre attachement au maillot tricolore.
Mes remerciements vont également à Laurent Frayssinous, à l’ensemble du staff sportif, médical et logistique, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont accompagné les groupes dans leur préparation et tout au long de cette compétition. Je veux avoir, à ce titre, une pensée particulière pour Trent Robinson, Ben McIntosh et les Sydney Roosters.
Un bilan sportif à analyser avec lucidité
Soyons lucides : les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur de nos objectifs. Nous ne devons ni les esquiver ni les minimiser. Une Coupe du monde est un révélateur du niveau réel d’une nation, de ses forces, de ses insuffisances et du chemin qu’il lui reste à parcourir.
Mais une compétition mondiale ne doit pas seulement être regardée à travers son classement final. Elle doit aussi nous permettre de comprendre, de progresser et de préparer l’avenir. Le bilan sportif devra être exigeant, sans complaisance, mais également constructif. Nous devons transformer cette expérience en décisions, en travail et en progrès concrets.
La France doit retrouver une place majeure dans le Rugby à XIII mondial
Notre présence en Australie revêt également une dimension qui dépasse le seul terrain. Les échanges bilatéraux que je mène depuis plusieurs mois, notamment avec Peter V’Landys et les hauts responsables de la National Rugby League, ont confirmé l’intérêt stratégique que peut représenter la France dans le développement international de notre discipline pour l’hémisphère nord et la zone « Europe ».
Nous avons abordé des sujets essentiels : le modèle économique de nos compétitions, de la Super League à l’Élite 2, la valorisation des droits audiovisuels que va générer l’engagement de la NRL auprès des diffuseurs, l’évolution du calendrier, les perspectives de développement du Rugby à XIII en Europe et en France, et la place que notre pays doit occuper dans une nouvelle dynamique internationale.
Ces discussions ouvrent des perspectives. Elles nous confortent dans une conviction : la France ne doit pas se résigner à sa position périphérique actuelle dans le Rugby à XIII mondial, héritée de plusieurs décennies d’absence de vision prospective.
La France possède une histoire, des clubs, des territoires, des infrastructures, des talents et un potentiel de développement qui doivent lui permettre de redevenir un acteur majeur du XIII européen et un partenaire reconnu des grandes nations de notre sport.
Cette ambition nous impose toutefois de nous transformer. Elle exige une Fédération plus forte, des compétitions attractives, des clubs mieux structurés, une formation ambitieuse et des équipes nationales capables de rivaliser durablement parmi les 12 meilleures nations de leur classement respectif.
La coopération internationale, notamment avec la NRL, doit être un levier au service de cette ambition et du développement de l’ensemble de notre mouvement.
Remerciements et perspectives pour l’avenir
Je tiens enfin à remercier nos partenaires. Merci à celles et ceux qui nous ont accompagnés en Australie, à ceux qui ont soutenu les Bleus depuis la France et à tous ceux qui, chaque jour, nous permettent de faire vivre notre discipline.
La Coupe du monde s’achève, mais notre responsabilité ne s’arrête pas avec elle. La France du Rugby à XIII a une histoire singulière, forgée dans l’adversité, la résistance et la volonté de ne jamais renoncer. Cette histoire ne doit pas être un refuge dans le passé : elle doit être une force pour construire notre avenir.
Je souhaite que cette campagne australienne marque moins la fin d’un temps sportif que le point de départ d’une nouvelle ère.
Le Rugby à XIII français a besoin de lucidité, de courage et d’un projet. Il a surtout besoin de se donner les moyens de ses ambitions. Nous devons poursuivre le travail engagé depuis deux ans, pour installer la France dans les nations indispensables au Rugby à XIII international.
Tous derrière l’équipe de France de Para Rugby XIII !
Si l’édition 2026 est terminée pour nos filles et nos garçons, elle entre dans le vif du sujet pour notre équipe de Para Rugby XIII. Nos joueurs et leur encadrement ont déjà adressé, contre l’Écosse et la Nouvelle-Zélande, des signaux forts à nos concurrents principaux.
Poussons derrière eux, tous ensemble, sans retenue, pour que cette édition soit celle de la reconquête du titre de champion du monde.
Allez la France !
Dominique BALOUP
Président de la Fédération Française de Rugby à XIII

