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Pia et Villeneuve-sur-Lot marquent les esprits

BROMLEY2013 

Rory Bromley a trompé la défense limouxine.

S’il serait osé de tirer la moindre conclusion au soir d’une première journée du Championnat, n’empêche qu’outre le TO et Lézignan, Pia et Villeneuve-sur-Lot ont d’emblée montré les dents, obtenant tous les deux une victoire significative. Car même si les Carcassonnais (“sans doute rentrés un peu fébriles sur le terrain, d’où ce 18-0 encaissé pour avoir regardé jouer l’adversaire”, dixit Jean-François Albert) étaient trop incomplets pour pouvoir juger réellement de leurs possibilités, les Salanquais, également privés de plusieurs pièces maîtresses, l’ont emporté sans coup férir.

Grâce, d’abord, à ce départ canon évoqué plus haut, ensuite à un dernier quart d’heure savamment maîtrisé.

Pia : une entame de haut niveau

“Il nous faut trouver l’amalgame, car l’ensemble est à reconstruire, mais notre début de match était de haut niveau, dommage qu’ensuite les gars soient tombés dans la facilité”, observait le nouveau manager du club catalan, Mathias Garrabé, un sentiment moitié vanille moitié chocolat partagé par Patrick Albérola, celui-ci assurant qu’au moins “ce premier match servira de base de travail pour la suite.”

Une suite qu’en face on ne craint pas outre-mesure, à l’instar de Teddy Sadaoui, ménagé dimanche par mesure de prudence, suite à un petit problème musculaire, et ayant apprécié le comportement de cette ASC rajeunie : “La politique du club est tournée vers les jeunes, et leur comportement est à louer.”

Et si un doute est permis concernant l’apport de Luke Towers à la mêlée, où il ne bénéficie pas du même champ d’expression qu’à l’arrière, Jean-François Albert le balaie de ces mots : “Il vient tout juste de nous rejoindre, et des réglages sont évidemment à faire.”

Le co-entraîneur des Canaris préfère saluer la condition physique de ses protégés, “pas éprouvés à la fin du match, malgré l’intensité de celui-ci”.

Et comme tout un chacun dans la sphère ascéiste, à l’heure des premiers commentaires, il portait au pinacle Mark Offerdahl, “phénoménal quand on sait qu’il n’a pas joué depuis presque un an.”

Un deuxième ligne tirant en effet vers le haut un pack ayant fait joliment de la résistance, permettant à son équipe de revenir un moment 16-18 dans la partie (en début de seconde mi-temps), avant de céder à l’heure de jeu via un superbe essai classique signé Thomas Ambert, aux jambes aussi nerveuses que celles du nouveau venu Ben Shorter, qui sur la fin prenait tout le monde de vitesse sur 70 mètres, à la réception d’une somptueuse passe de Maxime Grésèque.

Carcassonne : encourageant malgré la défaite

Auparavant, Ben Vaeau avait trouvé la faille en force (64è), imité par Wendy Buche, Pia terminant ainsi par où il avait commencé : en rayonnant. Car au bout de douze petites minutes de jeu, Clément Soubeyras, intercalé, Shorter, déjà, auteur d’un coup de pied à suivre pour lui-même pour un essai de soixante mètres, et Ben Vaeau, finement sollicité par Kane Bentley, avaient enterré les espoirs des Carcassonnais, “qui ont manqué d’efficacité offensive vingt minutes durant, après la pause”, souligne Jean-François Albert.

“Physiquement on était présent, mais nous avons commis trop de fautes de mains”, appuie Jérémy Guraud.

Reste que la salutaire réaction de ces derniers était complimentée par Pierre Delpoux, ancien champion de France sous le maillot jaune et noir : “Quand les joueurs ont réussi à conserver le ballon, ils ont marqué, c’est encourageant, je les sens d’ailleurs sûrs d’eux.”

Sûrs de trouver rapidement leur place en haut du tableau, car avec les Upu Poching, Teddy Sadaoui, Vinnie Anderson, Troy Savage, lequel – sur cassettes – a “impressionné” le co-entraîneur Vincent Banet, le détenteur du doublé aura bien des atouts à faire valoir.

Fougue et solidarité à Villeneuve-sur-Lot

Davantage sans doute que Villeneuve-sur-Lot, presque surpris d’avoir si facilement battu Limoux, ou plutôt son fantôme, et qui ne dispose pas des mêmes moyens que le club de la Cité, mais qui a cependant séduit par son rugby, construit sur un mode joyeux, bien dans la tradition des “Académiciens”. De quoi donner le sourire à David Despin : “Solidarité et soutien défensif étaient au rendez-vous.”

Et au capitaine Constant Villegas, en l’absence de Laurent Carrasco : “Les jeunes se sont montrés, à l’image d’Eddy Battie, qui sait jouer au rugby et libère les ballons.”

Pour autant, tout n’était pas parfait, comme l’expliquait le demi d’ouverture au jeu calme, posé, susceptible d’apporter au groupe l’indispensable sérénité : “Nous avons subi lors des vingt premières minutes, mais notre réaction a ensuite été salutaire, preuve du mental qui nous anime.”

Conservation et jeu au pied en berne à Limoux

Bientôt rétabli d’une entorse cervicale, Laurent Carrasco avait lui aussi le sourire : “Les gars sont physiquement prêts, et jouent sur leurs qualités, la fougue, même si on sait que ce sera plus compliqué contre les gros.”

Les gros, on aurait pu penser que Limoux en faisait partie, ou du moins s’en rapprochait, vu son recrutement XXL aux avant-postes. Mais Paea’aesina n’est pas encore arrivé, et il n’est pas le seul, ce qui explique en partie, mais en partie seulement, ce départ mollasson, que l’entraîneur Marc Bourrel traduit ainsi : “On a péché dans la conservation, et notre jeu au pied a été déficient.”

D’où cette incapacité à rivaliser avec un ensemble Lot-et-Garonnais ayant rapidement fait la différence au score : à suivre de Nicolas Demartini pour Rory Bromley, deuxième punition via William Ousty au ras du tenu, troisième avec Demartini à la réception d’un coup de pied. Seul Gareth Dean, en force, avait répliqué aux futurs vainqueurs, une superbe action de Nicolas Munoz au profit de Mathieu Albérola ayant pourtant redonné de l’espoir aux Blanquetiers (12-16 à l’entame de la seconde période), lesquels se seraient vus plus beaux encore si d’aventure Phil Ramage avait pu contrôler la balle à l’instant de plonger (48è).

La chance des “Rouge et Noir” venait de passer, car Robin Villa creusait irrémédiablement le score à deux reprises, sur la fin.

Limoux est donc déjà sous pression, avant la venue de l’ogre toulousain le week-end prochain. Mais, répétons-le, tout ne fait que commencer dans ce Championnat aux airs prometteurs.

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