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Dominique Baloup : “Le bilan fédéral est clairement positif”

Après les débuts des championnats et la fin des test-matchs des équipes de France, Dominique Baloup, secrétaire général de la FFRXIII,  dresse un bilan de cette première année de mandature.

Dominique, quel bilan tirer de cette première année de mandat ?

Dominique Baloup : “Le bilan est clairement positif. Bien sûr, la sensation d’aspect positif tient compte du climat de relance des activités qui contredit à la fois les prévisions qui avaient pu être faites par la fédération, les ligues, les comités et les clubs. Dans cette dimension toute relative, les points de développement qui structurent les cinq axes du projet politique que nous portons pour le Rugby à XIII, et qui ont fait dernièrement l’objet d’une évaluation précise en séminaire du bureau exécutif, ont majoritairement été déployés. Ce déploiement d’objectifs se lit sur une échelle sur laquelle le curseur est effectivement et principalement positionné entre « engagé » et « atteint ». Il est au demeurant nécessaire de fournir un effort particulier sur treize mesures qui constitueront chacune un chantier prioritaire pour l’année 2022.”

Au cœur de la pandémie vous avez dû trouver des solutions pour remettre en route la machine fédérale. Quels ont été vos obstacles ?

DB : “Je ne suis pas sûr que pour l’exécutif, l’expression « trouver des solutions », soit adaptée à la période de crise pandémique. En effet, lors de cet espace-temps critique, ce sont les clubs et les territoires (comités et ligues) qui ont été en première ligne pour remettre comme vous dites « la machine fédérale en route ». Entendons-nous bien, je parle ici de l’activité Rugby à Treize, dans l’ensemble de ses formes de pratiques.

L’enjeu était davantage pour la Fédération, de faire le constat des possibles en termes d’effectifs, de stabilité des clubs, de capacité « à compter » sur des dirigeants, de fiabilité des engagements pris, etc., pour nous projeter plutôt sur 2022-2023. La fédération a dû par ailleurs elle aussi faire le constat en son sein des forces et des faiblesses. Je vais citer deux exemples :

  1. la mise en route des commissions avec de nouveaux objectifs, hors la maîtrise du concret des activités,
  2. la dimension opérationnelle de l’appareil administratif de notre fédération, dans sa capacité à faire évoluer les habitudes et les organisations pour une meilleure adaptation au projet politique sportif.

Effectivement, cela a été problématique, et a demandé, plus en réaction qu’en anticipation, des ajustements que nous aurions voulus moins nombreux.”

Et comment se poursuit le développement du XIII ?

DB : “Le développement est un axe essentiel. Aujourd’hui, l’accroissement du nombre de licenciés est dépendant de facteurs et de leviers multiples. Un constat se dresse, brutal en ce qui concerne le déficit de renouvellement de licences (-25%), plus encourageant pour les primo-licenciés (+ 2000). L’effort des clubs qui est globalement remarquable, doit être associé à l’accompagnement financier adapté que nous avions décidé dans un premier temps, puis renforcé après nouvelle concertation des clubs, qui a lui aussi joué un rôle important. Il est indéniable également, que le « Pass-sport » mesure ministérielle d’accompagnement, a lui aussi contribué à aider l’ensemble des fédérations qui comme la nôtre ont vu leur nombre de licenciés s’effondrer, à relancer la dynamique de prise de licences.

Pour autant, il faut comprendre qu’aujourd’hui, l’activité directe pour le développement ne s’adresse pas qu’à l’accroissement du nombre de licenciés. En effet l’augmentation du nombre de licenciés peut aussi être le fruit d’actions « systémiques » qui font de la prise de licence une conséquence et non plus le seul but recherché a priori.

Ainsi, plusieurs démarches ont été engagées auprès des médias télévisuels, de la presse quotidienne régionale via les grands groupes de presse ainsi que le renforcement de nos relations avec les ministères notamment bien sûr celui des sports et l’ANS, le retour de la France dans les « boards » européens (ERL) et internationaux (IRL).  Avec l’élection du Président Lacoste au sein de l’IRL qui permet à la France de retrouver son rang, ou encore la candidature de la France pour l’organisation de la Coupe du Monde 2025 sont des leviers de développement par la réinscription du Rugby à Treize dans la culture sportive populaire. C’est ce que nous souhaitions, nous le faisons assidument.

Comment ne pas évoquer également à ce titre, la reprise de négociation des conventionnements avec les fédérations affinitaires (UNSS, FFSU), avec les universités de Lyon pour de la recherche appliquée avec le Rugby à Treize comme support, et avec l’UFR STAPS de Bordeaux pour enseigner le Rugby à Treize aux futurs enseignants d’EPS. Ces exemples qui ne sont pas exhaustifs, montrent bien cette dimension systémique. Les médecins parleraient de médecine holistique, c’est-à-dire qui s’adresse à « l’objet » dans sa globalité.”

2022, année de Coupe du Monde quelles sont les prochaines échéances ?

DB : “Un mot tout d’abord sur 2022. Nous avons engagé des partenariats comme jamais le Rugby à Treize n’en avait connu. Des partenariats avec des territoires de la République : des conseils départementaux, des régions, et bien sûr des communes. Ainsi, quatorze stages de préparation de nos équipes nationales garçons, filles et fauteuil ont pu être pris en charge intégralement ou avec une incidence financière quasi neutre. Cela nous a permis d’ouvrir la possibilité d’une restructuration du haut niveau : restructuration des encadrements, restructuration des environnements avec la création d’un Club France aux règles de fonctionnement et aux principes de gestion de groupes technique et financière identiques à l’ensemble des équipes nationales « séniors ». Nous devons encore aujourd’hui et simplement parce que la spécificité est importante, opérer un renforcement des accompagnements du XIII de France Fauteuil. Cela méritait de prendre du temps. Nous serons prêts pour 2022.

Les prochaines échéances sont en cours de négociation. Notre souhait est de construire un calendrier international pour nos équipes nationales des « U17 » aux « A » en passant par les amateurs que nous souhaitons voir se confronter aux autres nations européennes comme la Serbie, l’Espagne, le Monténégro ou l’Allemagne.  Pour l’équipe que nous appellerons « A’ », l’Ecosse, l’Irlande et le Pays de Galles. Nous voulons retrouver un calendrier international programmé et visible entre deux Coupes du Monde. Nos amis anglais de la RFL, par l’intermédiaire de Ralph Rimer le « chief exécutive », avec qui nous avons tissé des liens amicaux forts et d’intérêts réciproques pour nos fédérations, travaillent avec nous à l’avènement d’un tel calendrier.

Mais ce n’est pas notre seule avancée. Le futur championnat progressivement professionnalisé pour l’élite du Rugby à Treize français « est dans les tuyaux ». Le moment venu, nous devrons poser les conditions opérationnelles de cette évolution nécessaire. Les grandes métropoles sont à cet égard des cibles. Cela ne signifiera pas pour autant la fin des villes traditionnellement treizistes. Mais le modèle économique demandera des rapprochements, des convergences d’intérêt et des synergies budgétaires. Nous y réfléchissons, nous y travaillons au quotidien. Aujourd’hui, le Rugby à Treize est un iceberg. Ce qui se voit, ce sont les progrès qui sont réalisés dans les clubs grâce au travail des dirigeants, des encadrements techniques, et l’abnégation des joueurs. Ce ne sont peut-être pas les plus grands gages d’un avenir radieux pour notre sport, même si c’est bien sur un socle indispensable. Je vous assure que ce qui se prépare est concrètement de nature à transformer le Rugby à Treize.

La coupe du Monde 2025, j’en terminerai par cela, est à ce titre le phare dont notre discipline a besoin. Ce n’est pourtant pas une fin en soi. Faire la Coupe du Monde pour faire la Coupe du Monde n’a que peu d’intérêt. Il s’agit d’organiser une compétition mondiale sur un format totalement inédit avec plus de soixante villes concernées (en comptant les villes de résidence), une compétition concernant des garçons, des filles du handi, des jeunes. Avec un budget de 64 millions d’euros qui n’engagera pas la FFRXIII, le modèle économique choisi est viable car progressif.

Voila ce qui a plu à nos partenaires : IRL, Ministère des sports, ANS, DIGES. Voilà ce qui semble plaire aux décideurs en charge des arbitrages qui bien qu’étonnés par ce modèle, en ventent la dimension visionnaire. Pour autant, gardons-nous d’être euphoriques, car comme disait Marguerite Yourcenar : « C’est souvent avoir tort que d’avoir raison trop tôt ».

Soyons seulement sereins ensemble, et soyons persuadés qu’il est encore temps pour changer le monde du Rugby à Treize.”

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