On peut perdre, et en même temps garder la tête haute. Conserver l’espoir de faire mieux la prochaine fois, en terme d’adresse principalement. De réalisme aussi. Aurélien Cologni était visiblement dans cet état d’esprit, au lendemain d’une défaite ayant permis de toucher du doigt les limites, mais également les promesses du XIII de France.

Quelle principale satisfaction retenez-vous du match de dimanche au GIO Stadium ?

“L’envie manifeste de déployer du jeu, même si parfois les gars ont envie de trop bien faire. Ils ont joué trop tôt dans la partie, commettant ainsi des fautes dans le premier quart d’heure, et se mettant du coup sous pression. Sinon, j’ai bien aimé la répétition des efforts en défense. Les joueurs ont été fantastiques sur leur ligne d’en but”.

Et le défaut numéro un à corriger ?

“Les Bleus se sont toujours battus pour revenir dans le match, mais une fois à égalité, ils n’ont pas fourni les efforts nécessaires pour passer devant au score. Et en courant ainsi en permanence après celui-ci, ils ont manqué de lucidité dans les moments clés de la rencontre, ne parvenant jamais à faire rompre l’adversaire, notamment par un meilleur jeu au pied, alors que le Liban n’était jamais très loin de céder”.

L’agressivité a-t-elle été suffisante ?

“Quand Julien Bousquet a fait preuve d’agressivité, il a été sanctionné ! D’où la retenue globalement observée. Toute la subtilité est là : comment rester dans les règles du jeu tout en se montrant agressif ? On s’aperçoit qu’en Europe le jeu dur disparaît. Les joueurs avaient peur de commettre des fautes, dimanche, en défense comme en attaque, d’ailleurs”.

Pourquoi en attaque ?

“Nous sommes sans doute exagérément scolaires, dans notre attitude. Les joueurs ne s’expriment pas suffisamment. Nous tentons de changer cet état d’esprit, car dès que les joueurs sont sous la fatigue, ils ne peuvent plus envoyer correctement du jeu, par manque de potentiel physique. C’est pour cette raison qu’il nous faut soigner la coordination. On sent bien que les Bleus n’ont guère de vécu ensemble, que la transmission du ballon est différente selon les uns et les autres. C’est tout un travail de fond à effectuer, mais nous sommes dans la bonne direction”.

L’adversaire s’est montré en outre plus efficace, au sol…

 “Le Liban nous tenait six secondes au sol, le double de nous. Or, le tenu, c’est ce qui rythme le match, et il nous faut nous adapter à cet arbitrage différent du nôtre”.

Des satifactions d’ordre individuel, derrière ?

“Il est dommage que nous n’ayons pas réussi à régler notre jeu au pied sur les fins de chaîne, car malgré du déchet de sa part, Bastien Ader a bonifié tous ses ballons. Ilias Bergal, quoique ayant été mis sous pression par l’adversaire, s’en est bien sorti, pour sa première sélection. Mark Kheirallah a été poussé en touche, mais sinon il s’est montré sûr, rassurant pour ses coéquipiers. Et il possède cet instinct de chasseur. J’ai également trouvé Fouad Yaha solide, et Damien Cardace à la hauteur de sa réputation”.