La France et l’Australie renforcent leur dialogue stratégique pour l’avenir du Rugby à XIII
À l’occasion de la Coupe du monde de Rugby à XIII en Australie, Dominique BALOUP, Président de la Fédération Française de Rugby à XIII, a rencontré le mardi 3 novembre 2026 Peter V’landys, Président de l’Australian Rugby League Commission (ARLC), ainsi que les dirigeants de la National Rugby League (NRL).
Au-delà des relations institutionnelles entre les deux organisations, ces échanges ont permis d’aborder une perspective beaucoup plus large : celle d’un rapprochement stratégique entre le rugby australien et le rugby français, dans une ambition commune de développement du Rugby à XIII dans l’hémisphère nord.
Une conviction se dégage de ces discussions : la France peut devenir un partenaire essentiel de la stratégie internationale de développement portée par le rugby australien.
Une Super League plus forte, un modèle économique plus ambitieux
Parmi les sujets majeurs abordés figure la vision portée par Peter V’landys concernant l’avenir de la Super League. Celle-ci repose notamment sur la perspective de stabiliser la compétition autour de quinze clubs, avec une représentation de deux clubs français et la présence d’un club londonien.
Cette organisation répond à une ambition qui dépasse la seule dimension sportive. Elle vise à consolider la géographie de la compétition, à renforcer son attractivité commerciale et à construire une politique de médiatisation beaucoup plus ambitieuse, susceptible de générer, à terme, des revenus audiovisuels sensiblement plus importants.
Pour la France, cette perspective revêt un intérêt considérable. La présence de deux clubs français dans une compétition européenne renforcée constituerait un levier de visibilité internationale, de développement économique et de valorisation de notre championnat national.
Elle permettrait également d’inscrire durablement le Rugby à XIII français dans un environnement professionnel plus structuré, bénéficiant d’une exposition médiatique et commerciale accrue.
L’enjeu est donc de dépasser la seule question de la participation française à la Super League pour réfléchir à la consolidation d’un véritable écosystème économique et sportif.
Les revenus audiovisuels : un levier pour développer l’ensemble du Rugby à XIII
L’un des intérêts majeurs de cette perspective réside dans la capacité à transformer la croissance économique de la compétition en investissement pour le développement de notre discipline.
Une Super League plus attractive, mieux médiatisée et bénéficiant de droits audiovisuels mieux valorisés pourrait dégager de nouvelles ressources. La question de leur réinvestissement dans le développement du Rugby à XIII en France, en Europe et plus largement dans l’hémisphère nord constitue, à cet égard, un enjeu stratégique.
Il s’agit de construire une dynamique dans laquelle le développement du rugby professionnel contribue également à la progression de la pratique, à la formation, à la structuration des clubs et à l’émergence de nouvelles générations de joueurs.
La proximité avec l’ARLC et la NRL pourrait ainsi ouvrir un nouveau cadre de coopération, fondé sur le partage d’expertise, la complémentarité des compétences et une vision commune du développement international.
Une coopération sportive qui doit irriguer toute la filière française
Cette ambition ne peut toutefois se limiter aux seules compétitions professionnelles.
Les échanges ont également porté sur les perspectives de participation de l’équipe de France au Pacific Championship dès 2027. Une telle participation permettrait à notre sélection nationale de se confronter régulièrement aux meilleures nations de l’hémisphère sud et de franchir un nouveau palier dans son exigence sportive.
Les relations entre clubs français et australiens constituent un autre axe de rapprochement. Le développement de coopérations techniques, les échanges de compétences et une meilleure circulation des joueurs doivent permettre d’enrichir les effectifs, d’élever le niveau de performance et de contribuer à la progression du Super XIII.
Cette dynamique doit également concerner la formation. Le rapprochement entre les Directions Techniques Nationales française et australienne offrirait de nouvelles possibilités de partage d’expériences, d’évolution des méthodes d’entraînement et d’identification des parcours de progression des jeunes joueurs.
Enfin, le développement de la pratique en milieu scolaire représente un champ de coopération particulièrement prometteur. Les expériences australiennes et françaises pourraient être rapprochées afin de favoriser l’apprentissage progressif du Rugby à XIII, notamment à travers des formes de pratique adaptées telles que le Touch et le Tag, avant de permettre aux jeunes de poursuivre, selon leurs aspirations, dans ces disciplines ou dans le Rugby à XIII traditionnel.
La France, partenaire du développement du Rugby à XIII dans l’hémisphère nord
Ces perspectives s’inscrivent également dans une réflexion plus globale sur la gouvernance et la coordination du Rugby à XIII européen, notamment au sein de l’European Rugby League et de l’International Rugby League.
La France a vocation à jouer un rôle actif dans la construction d’un ensemble européen plus cohérent, mieux organisé et davantage connecté aux grandes dynamiques internationales.
La relation avec l’ARLC et la NRL peut contribuer à donner une nouvelle dimension à cette ambition, en rapprochant les expériences, les compétences et les intérêts des nations de l’hémisphère nord.
Il ne s’agit pas de transposer un modèle australien, mais de construire des complémentarités qui permettent à chaque territoire de développer ses propres forces et de participer à une dynamique internationale plus puissante.
Dominique BALOUP : « Une opportunité historique pour le Rugby à XIII français »
« Je considère que nos échanges avec Peter V’landys et les dirigeants de l’ARLC et de la NRL ouvrent des perspectives particulièrement intéressantes pour l’avenir de notre discipline. La vision qui nous a été présentée concernant l’évolution de la Super League, sa stabilisation autour de quinze clubs, la place de deux clubs français et de Londres, ainsi que le développement de ses ressources audiovisuelles, mérite toute notre attention.
Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est la dimension économique de cette perspective et ce qu’elle pourrait rendre possible au-delà du seul rugby professionnel. Nous devons raisonner à l’échelle de toute notre discipline. Si nous parvenons à construire une compétition plus attractive, mieux médiatisée et économiquement plus forte, nous devons également réfléchir aux moyens de faire bénéficier l’ensemble du Rugby à XIII de cette dynamique.
La France a une histoire, une organisation fédérale, des clubs, un championnat et une capacité de développement qui constituent de véritables atouts. Nous avons notre place dans cette ambition internationale. Notre rapprochement avec l’Australie ne signifie ni dépendance ni renoncement à notre identité. Il traduit au contraire notre volonté de construire des partenariats avec ceux qui peuvent nous permettre d’aller plus loin.
Je veux également être très clair face à certaines interprétations qui circulent sur les réseaux sociaux : nous avons engagé un dialogue stratégique, nous avons identifié des perspectives et des intérêts convergents. Cela ne signifie pas que tous les sujets sont déjà arbitrés ou que des accords définitifs ont été conclus. Notre responsabilité est de transformer ces opportunités en projets concrets, dans le respect de nos institutions et des intérêts du Rugby à XIII français.
Je suis convaincu que nous avons aujourd’hui une occasion importante de franchir une nouvelle étape. Nous devons la saisir avec ambition, lucidité et détermination. »
Dominique BALOUP
Président de la Fédération Française de Rugby à XIII

