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L’aventure australienne du jeune international Alexandre Mickalezyk

Jeune international tricolore français chez les U18 Alexandre Mickalezyk, quitte pour un an son club de Limoux. La raison ? Une opportunité unique auprès de l’équipe australienne des Sydney Roosters.

À seulement 17 ans Alexandre est le plus jeune français à intégrer un centre de formation d’une équipe de l’hémisphère sud.

Il effectuait déjà cet été deux mois de stage au sein de l’équipe. Et ses qualités de seconde ligne (1,90 m pour 98 kg) ne tardent pas à convaincre Peter O’Sulivan, le responsable de la cellule recrutement. C’est ainsi qu’il signe pour la saison 2015 avec l’une des équipes les plus titrées du pays.

Après un premier match amical contre les Steelers d’Illawarra, où il marque le premier essai du match, revenons avec lui sur ses premières impressions en terres Australiennes.

Alexandre Mickalezyk -2 - CopieComment se passent ces premières semaines chez les Sydney Roosters ? Un premier match, et un premier essai, c’est plutôt une bonne entame de saison ?

Alexandre : J’ai été très bien accueilli ici dès mon arrivée, la première semaine était très compliquée en termes de décalage horaire, le moral, toute l’organisation concernant mon quotidien.

Je suis arrivé à Sydney en plein été, je passe donc des 4-5°C français aux 30-35°C australiens, ce qui est assez fatiguant physiquement.

Je vis dans une maison du club avec 7 joueurs U18 et 2 joueurs U20, plus une famille qui s’occupe de nous, nous sommes donc 13 dans la maison mais ce nombre varie souvent. Une bonne ambiance règne dans la maison, nous nous entendons tous bien.

Pour ce qui est du côté sportif j’ai très vite été intégré par mon équipe, nous avons déjà joué 2 matchs de préparation avant de débuter la saison samedi 14 Février contre les Eels de Parramatta. Ce n’est pas le même style de jeu qu’en France, mais j’ai bien été préparé les 5 derniers mois autant au CREPS de Toulouse qu’en équipe 1ère à Limoux sous les consignes d’Olivier Janzac, grâce à qui je suis là aujourd’hui.

Premier match, premier essai, c’est sûr que c’est positif en termes de statistiques mais il ne faut pas en rester là, c’était mon premier match j’avais à cœur de me faire remarquer, de marquer le coup aux yeux de mes coéquipiers et de mon staff, mais la vraie saison commence maintenant et c’est là où il faut assurer, confirmer.

Mener de front les études et le rugby demande une certaine organisation, peux-tu nous présenter une journée type ?

Alexandre : Je me suis fait un emploi du temps hebdomadaire à respecter mêlant sport et études. J’ai musculation tous les matins à 6h30 sauf le week-end, et entraînement le lundi, mercredi et vendredi à 16h30 (hors extras); ce qui me laisse assez de temps libre pour me consacrer aux études. Je suis des cours par correspondance, en Terminale S. Il m’est assez difficile de me tenir aux objectifs que je me suis fixé en termes scolaires (surtout quand la plage est à 5mn de chez moi), de plus que je suis le seul de la maison à rester durant la journée, c’est pourquoi j’ai fait appel à un professeur français une à deux fois par semaine pour cadrer mon travail.

Une journée type serait : levé à 6h, musculation de 6h30 à 8h, retour à la maison, petit déjeuner, chacun part à son travail, je reste à la maison pour étudier (entrecoupé de pauses dans la piscine), 16h30 départ pour l’entraînement, qui se termine aux environs de 19h-19h30, dîner à la maison, et puis nous pouvons faire ce qu’il nous plaît, du moment que l’on reste ici. Nous avons de nombreuses règles à respecter dans notre maison!

Quelles sont tes principales qualités en tant que treiziste ? Les points à améliorer ?

Alexandre : Je joue 2nde ligne, c’est un poste qui peut avoir plusieurs types de jeu selon la volonté des coaches, j’ai la plupart du temps été utilisé en tant que 2nde ligne qui sait jouer au ballon, à qui on donnait des responsabilités et je recevais souvent des ballons tôt afin de travailler la défense par moi-même.

Je dirais que mon sens du jeu est une de mes qualités pour un 2nde ligne, mais je pense également pouvoir évoluer à d’autres postes, c’est pourquoi mes entraîneurs m’essaient dans plusieurs zones du terrain.

En point à améliorer j’affirmerais sans hésiter l’agressivité. Mon nouveau coach des Roosters a fermement insisté, c’est sur ce point que je dois le plus m’entraîner, courir dur et être agressif dès mon entrée sur le terrain.

Que vas t’apporter cette expérience, autant sur le plan sportif que personnel ?

Alexandre : J’ai toujours rêvé de vivre ce qu’il m’arrive, tout ce que j’en tirerai ne pourra qu’être positif.

Sur le plan sportif, je suis dans le pays du rugby à XIII par excellence, c’est le sport national ici, tout ce que m’apporte cette expérience sportive n’est que du plus.

Sur le plan personnel c’est sûrement la plus grande expérience de ma vie. Je découvre un nouveau pays, une nouvelle culture que je trouve super et qui m’intéresse énormément.

Ce n’est pas facile de partir seul à 20.000km de chez soi à 17 ans, mais ce qu’on tire de ce voyage nous aidera pour la suite, et puis pour la première fois je suis entièrement autonome ici ; ce qui est un pas de plus vers ma vie d’adulte.

Comment ont réagi ta famille et tes amis à l’annonce de ton départ pour un an ?

Alexandre : Ils étaient très heureux pour moi, et très fiers malgré le pincement de me voir partir si loin et “si longtemps”. Mais tous m’ont aidé à réaliser mon rêve. J’étais soutenu par tellement de personnes…

Il est vrai que les adieux étaient très difficiles mais je pense que la joie de me voir partir pour faire ma passion l’emportait sur la tristesse.

Ton surnom ? Que ce soit en France ou en Australie.

Alexandre : En France j’étais habitué à “Micka” par beaucoup de mes collègues de jeu, sauf ceux de Limoux qui m’ont toujours appelé “Alex”. Mais ici à Sydney je suis “Frenchie”, certains même ne connaissent sûrement pas mon vrai prénom, mais je suis le seul frenchie des Roosters alors mon prénom ne leur sert pas à grand-chose.

Es-tu superstitieux ? Des rituels d’avant match ? 

Alexandre : Superstitieux vraiment pas. Pour ce qui est des rituels d’avant-match, je ne tiens pas en place je ne peux pas rester assis et attendre le coup de sifflet, je trouve toujours quelques échauffements individuels à faire. Et je ne peux pas commencer un match si je n’ai pas pris un “Gaviscon” avant l’échauffement, sinon je suis pris de brûlures d’estomac terribles.

Avec quel joueur rêves-tu de jouer ?

Alexandre : Mon modèle, qui pour moi est le meilleur 2nde ligne au monde autant sur le terrain qu’en dehors, c’est Sonny Bill Williams. J’ai eu la chance de le côtoyer cet été pendant le stage.

Mais la charnière à côté de qui j’aimerais le plus jouer est probablement Cooper Cronk. J’adore son jeu et la façon qu’il a de questionner la défense, les secondes lignes du Melbourne Storm doivent se régaler avec un maître à jouer comme lui.

Ton meilleur souvenir rugby jusqu’à présent ?

Alexandre : J’en ai eu beaucoup mais deux en particulier seraient la victoire contre l’équipe d’Angleterre avec l’équipe de France U16 à Toulon le 22 avril 2014, c’était un moment magique que je souhaite à tout autre jeune joueur de vivre.

Et le deuxième est la finale du championnat de France Juniors 2014 alors que j’étais cadet, contre le Toulouse Olympique, finale que nous avons perdu 24-20. Mais ce match était pour moi la fin de ma plus belle saison depuis mon arrivée dans le rugby, avec une équipe formidable, et malgré la défaite je n’oublierai jamais ce dernier moment sur le terrain avec mes 17 meilleurs amis qu’étaient les juniors de Limoux présents sur la pelouse de Brutus ce jour-là.

Que peut-on te souhaiter pour les années à venir ?

Alexandre : Avant de parler d’avenir sportif, mon premier objectif est le baccalauréat en juin, qui sera une bonne chose de faite.

Ensuite mon but est de convaincre les dirigeants des Roosters de me re-signer pour jouer en U20 dès l’année prochaine. Et continuer ainsi, en espérant faire partie de la sélection qui partira en Australie en 2017, même si je risque d’être un peu trop jeune pour en être, mais qui sait…

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Comment (1)

  • moine eric

    Bonne chance, à Alex pour son aventure au pays du rugby à XIII par excellence, il reviendra plus fort dans le Championnat de France .

    A+Eric71.

    09/02/2015 à 21:13

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