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Limoux, c’est fou !

En un mois, le FC Lézignan, meilleure équipe -et de loin- de la saison régulière a perdu deux finales. Après Carcassonne qui l’avait privé de Coupe, c’est un Limoux courageux, opportuniste et bien organisé qui a basardé ses rêves de champion (24-22)… Les gens de la Haute-vallée de l’Aude conservent donc leur titre. Et c’est mérité…

Quand à la 74e minute le petit arrière limouxin Miloudi ratait la pénalité face au poteau qui aurait donné un brin d’air aux siens, on se disait que les Blanquetiers avaient peut-être laissé passer leur chance. Quand, une minute plus tard, le même Miloudi manquait un essai d’un poil, on se disait encore que Lézignan avait décidement bien de la chance. Mais quand à l’ultime seconde, l’ouvreur lézignanais Marginet foirait à son tour la pénalité inratable située aux 20 m. légèrement à gauche des poteaux qui aurait offert aux siens le droit de disputer une prolongation, pouvait honnêtement convenir qu’il y avait peut-être une justice sportive. Car Lézignan, magnifique équipe tout au long de la saison, ne méritait pas de gagner cette finale, la deuxième perdue en un mois. Un FCL fébrile en première mi-temps, en progrès pendant une demie heure en seconde avant de retomber dans ses travers au cours des 10 dernières minutes au point d’être sanctionné par un carton jaune (Bouregba 73e). Dans l’autre camp, au contraire, sans être génial, on avait sorti le bleu de chauffe, sautant sans cesse sur l’adversaire, misant sur des avants puissants et surtout en commettant moins de maladresses. Limoux peut donc fêter son deuxième titre successif même si le FCL, triste consolation, était, cette saison, la meilleure équipe de France.

Les puristes diront que ce ne fut pas, côté jeu, une belle finale. Mais ce fut un grand match, un magnifique moment de sport. Une formidable propagande pour le rugby à XIII devant les caméras de l’Équipe 21.

Mais revenons au début…

Parfois qualifié de ringard par quelques sombres bourricots, le rugby à XIII vient ainsi de démontrer à l’ensemble du sports français qu’il savait innover. Et de quelle manière ! Comme cela avait déjà été le cas lors de la finale de la Coupe et des demi-finales, l’arbitrage de la finale Lézignan-Limoux avait été confié à deux arbitres de champ, Benjamin Casty et Mohamed Drizza. Et alors que le foot est incapable de se mettre d’accord sur l’introduction de l’arbitrage video, les treizistes avait installé le “Challenge Vidéo” permettant à une équipe de solliciter la video une fois par mi-temps pour faire valider un essai ou invalider celui de l’équipe adverse. Les plus de 10.000 spectateurs du Parc des Sports et de l’Amitié de Narbonne étaient-ils conscients qu’ils vivaient là un petit moment d’histoire ? On peut en douter. Qu’importe d’ailleurs, car de cette finale 2017 ils en ont encore plein les yeux tout comme les téléspectateurs de l’Équipe 21.

Derrière la tête des joueurs de Feuceuleu trottait toujours cette improbable défaite en finale de la Coupe face à Carcassonne, le 7 mai dernier. Le coach vert-et-blanc, Aurélien Cologni, avait mal vécu cette déconvenue , reconnaissant que son équipe « avait éprouvé des difficultés à digérer cette défaite, la première depuis le mois d’octobre, et la perte du trophée, en partie à cause d’un jeu exagérément stérile ». L’affront avait, certes, été réparé puisqu’en demi, le 28 mai, les « verts-et-blancs » avait renvoyé l’ASC à ses chères études. Mais le mal était fait et à l’heure du coup d’envoi cette véritable machine à gagner qu’est le FCL n’en menait pas large. Pas plus, d’ailleurs, que les Limouxins bien conscients que pour conserver leur titre il leur faudrait sortir un match de derrière les fagots. Il y avait donc de l’électricité dans l’air alimentée de surcroit par un violent orage à quelques dizaines de minutes du coup d’envoi.

Est-ce la pluie ? La première mi-temps entamée tambour battant par des « rouge-et-noir » hyper agressifs en défense, animés par quelques armes fatales façon Palavi, Hérold, Rouch et autres Garrouste ou Torreilles prenaient le match par le bon bout. Contrairement aux Lézignanais, empruntés, maladroits comme pas possible. Méconnaissables même, tombant un nombre incalculable de ballons, ne retrouvant que rarement quelques éclairs de ce jeu qui les avait rendus irresistibles tout au long de l’année. Et encore surnageaient-ils que grâce à une ruse de Boudebeza (15e) et un énorme cadeau des défenseur limouxins, offrant sur un plateau un essai à un Grandjean travi de l’aubaine. Mais sérieux, pragmatique, sûrs de leur fait, les Limouxin avaient le match en main. Et bien en main… Avec quatre essais à la clé dans la première période : Torreilles dès la 8e minute qui récupérait un ballon laché dans l’en-but par un « vert et blanc », Romain Péault, trois minutes plus tard suite à une charge phénoménal de Palavi qui enquillait à son tour, en force, à la 19e et Garrouste auteur, après une interception, d’un essai de 100 m, juste avant la pause.

Sermonnés , les Lézignanais revenaient sur le terrain avec d’autres dispositions. Ils livraient même un excellent début de seconde mi-temps, marquant d’emblée par un Bouzinac monté sur piles qui se jouait avec force crochets des défenseurs limouxins. Le FCL revenait alors à deux points (20-18) et franchement semblait tout à fait capable de s’envoler. D’autant que Limoux, déjà privé de son demi-de-mêlée Alexis Alberola dès la 4e minute voyait son buteur Guiraud, sérieusement touché au genou, sortir sur civière. Pendant 20 minutes encore les « vert-et-blanc » firent illusion. Avant les fatales dix dernières minutes marquée par l’abnégation et le courage des Limouxins. Mais aussi leur lucidité.

Reste à Lézignan des yeux pour pleurer et quelques rares satisfactions, notamment l’énormissime Papalii… Côté Limouxin, tout le monde fut au top…

La fiche technique

XIII Limouxin bat Lézignan : 24-22

Temps : fort orage avant le match, terrain humide en première mi-temps

Arbitrage en binôme de Benjamin Casty et Mohamed Drizza

Environ 10.000 Spectateurs

Mi temps : 20-12 pour Limoux

XIII Limouxin : 5 essais : Torreilles (8e), Romain Péault (11e), Palavi (18e), Garrouste (39e), Robinson (64e). 2 transformations : Guiraud (9e, 19e).

FC Lézignan : 4 essais : John Boudebza (15e), S. Grandjean (22e), Bouzinac (44e), Pomeroy (69e). 3 transformations: Marginet (16e, 23e, 45e),

Carton jaune pour Lézignan : Bouregba (73e)

XIII Limouxin  A. Miloudi; Béteille ; Garrouste ; Guiraud ; Mayans ; (o) Torreilles ; (m) Alberola ; Barbaza ; Teixido ; Palavi ; Hérold (cap) ; Robinson ; Rouch,

 Sont entrés : Péault Maxime ; Yesa ; Bartuziak ; Péault Romain.

FC Lézignan – Cardace ; Buche ; Pomeroy ; Bouzinac ; Tort  ; (o) Marginet ; (m) S. Grandjean ; Fakir (cap) ; John Boudebza ; A. Papalii ; Stacul ; Bouregba ; Rouanet ;

 Sont entrés : Bonnet ; M. Da Costa ; Mencarini ; Y. Tisseyre.

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Comments (3)

  • Moine Eric

    Bravo, au XIII Limouxin pour ce titre de Champion de France Elite 1 et bravo aussi à la FFR XIII, pour cette journée dédiée au rugby à XIII et merci à la Chaîne l’Equipe pour la diffusion de la finale, en espérant de bons scores médiamétries .

    03/06/2017 à 21:47
  • PEGUIN Michel

    A l’image d’une ville qui croit fort en elle, le XIII Limouxin a déjoué les pronostics. J’avais parié sur Limoux et j’ai gagné. Un grand merci pour ce moment de fierté collective

    03/06/2017 à 23:14
  • belloc pierre

    bravo pour le fighting spirit du 13 limouxin;mais depuis quand a 13 l en-but fait-il 5 m de profondeur?

    04/06/2017 à 15:56

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