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NATIONALE 1:Saint-Martin-de-Crau, on verra si le foin est bon.

C’est à un passionné venu de son sud-ouest, Jean Chaput, que l’on doit en 1973 la création des Mérinos de Saint-Martin-de-Crau.

Une contrée vouée jusque-là à la « bovine » et au football, une ville à la campagne comme l’aurait aimée Alphonse Allais.

Une ville où le bien vivre ensemble profite depuis plus de 40 ans au développement du rugby à XIII.

Mais une ville qui a connu une étonnante mutation, portée par le bassin industriel de Fos-sur-Mer, passant de 3000 à 13 000 habitants.

Un  patient travail de formation

 

Jean-Pierre Gérin, l’actuel président des Mérinos, a trempé sa passion dans l’encre de la jeunesse.

La formation c’est l’ADN du club, c’est là-dessus que s’est construit l’actuel groupe seniors, qui brille en Nationale 1. « Au début on a commencé par intégrer la MJC avec des jeunes. A l’heure actuelle nous avons toutes les catégories, sauf les féminines. Nous avons été la première école de rugby labellisée avec Toulouges. C’était en 2008-2009».

 

Un coup de patte Mérinos qui saute aux yeux, quand on voit évoluer l’actuelle équipe première.

« Mérinos, Mérinos, le matelas des réveils en beauté ! », une pub mémorable, née avec l’éclosion du XIII du Pays de la Crau.

“Quand l’OM marque un but…”

Avec ce rugby qui bondit derrière le tenu et fait vivre le cuir.

« C’est une suite logique de ce que nous faisons. Nous avons été labellisés deux fois en 8 ans. C’est notre culture. On travaille beaucoup au niveau des écoles privés et publiques. Mais on doit faire comme ça, car nous sommes excentrés, à 50 km d’Avignon, 50 km de Marseille et 80 km de Carpentras. On doit travailler sur notre environnement immédiat et face au football. Chez nous, quand l’OM marque un but, toute la Provence tremble », souligne Jean-Pierre Gérin.

Véritable Tour de Babel

 

Et Saint-Martin-de-Crau va encore plus loin, tissant sa toile au delà du pays de Daudet et Giono. Comme ce fut la cas au travers d’échanges avec l’AS Saint-Estève dans les années 80, puis avec l’Angleterre et Cliff Sprackleris.

« Nous nous sommes connus en 1995 (NDLR. l’année où l’Australie  battait l’Angleterre 16-8 en finale de la Coupe du Monde, à Wembley). Grâce à lui nous maintenons des échanges avec le club de Stanningley, proche de Leeds. On va y retourner en avril, avec les minimes et les cadets. On va jouer contre eux et assistera à des matches de Super League. C’est un échange culturel. On avait été les premiers à recevoir une académie australienne en 2000, et les Russes du Spartak Moscou en 1994. Dans le cadre d’un jumelage, on échange aussi avec les Allemands de Markgronigen. On a été le premier club français à recevoir les Italiens de Saluzzo ».

Les juniors champions

C’est de ce vivier multiculturel que sont sortis les Fred Zitter, Fourcade Abasse. « Notre force est aussi notre faiblesse. Nous formons des joueurs de qualité et nous ne pouvons pas les garder. L’équipe première vivotait en Fédérale. On ne pouvait pas refuser aux joueurs de partir. Il y a quatre ans nous sommes montés en Nationale 1. On s’est aperçus que les structures suivaient. C’est là qu’on s’est dit pourquoi pas monter. On a fait un gros travail sur les juniors, qui sont champions de France Nationaux. Trois sont au U19 des Dragons, deux à Avignon. On a 16 joueurs au Pôle à Salon. On rebâtit, avec les changements de catégories on s’est retrouvés démunis. Cette année on réunit les groupes seniors et juniors aux entraînements ».

Bastien Honnorat, capitaine de l’équipe senior

Monter en Élite 2 ?

 

Avec un budget de 140 000 €, le club connaît ses limites. « On travaille beaucoup sur la solidarité et la camaraderie. Chez nous il n’y a pas de primes de match. C’est le bien vivre ensemble qui compte. Il y a beaucoup de solidarité entres les équipes. Les seniors décrochent pour entraîner les jeunes. Les temps sont durs. Notre ambition c’est d’aligner des équipes complètes dans toutes les catégories. Maintenant, s’il y a un coup à faire avec l’équipe première, on le prendra. On a les joueurs, mais pas la structure financière. Si on est en finale on se posera la question de savoir si nous monterons ou pas ».

 

Du côté du stade des Alpilles, on garde les pieds sur terre, dans la réalité rurale de ce Pays de la Crau et de son foin AOC, un « must » qui alimente les haras nationaux.

Aux confins du Parc naturel régional de Camargue et du bassin industriel de Fos, on cultive un jardin qui fait des envieux, semé de traditions taurines et provençales.

Et on verra si le foin est bon au printemps prochain.

(Cet article est tiré du magazine NEWS FFRXIII de février 2018, pour lire dans son intégralité et télécharger gratuitement le magazine CLIQUER ICI)

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