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Stéphane Vincent : “L’arbitrage français correspond aux exigences de l’arbitrage international”

Stéphane Vincent, arbitre international et en Elite 1, a été appelé en octobre dernier pour arbitrer des rencontres lors d’un tournoi européen à Belgrade en Serbie.

Il répond à quelques questions pour nous éclairer sur le parcours d’un arbitre qui a acquis une solide expérience nationale et internationale. Un parcours qui peut inspirer de jeunes arbitres.

En attente du coup d’envoi : concentration et détermination

Peux-tu présenter succinctement ton parcours d’arbitre national et international ?

J’ai commencé l’arbitrage à l’âge de 16 ans à la touche en Elite 1 et quelques temps après au centre en fédérale. Puis en 2004, j’ai dû arrêter de jouer et j’ai fait ma première saison en DN1. Durant l’été 2005, je suis allé arbitrer la coupe du monde universitaire de rugby à XIII en ayant eu la chance d’arbitrer la finale Australie vs Nouvelle-Zélande au centre. Puis, dès mon retour en France, Francis Desplas, responsable de la commission centrale de l’arbitrage (CCA) de l’époque, m‘a donné ma chance au centre en Elite 1 à seulement 21 ans.

Depuis, je suis toujours au centre en Elite 1. Au niveau international, après la coupe du monde universitaire en Australie, j’ai pu officier lors de plusieurs matches internationaux et matches de Cup en Angleterre. Par exemple, à Prague en 2008 pour la coupe d’Europe des U19, en 2016 en Afrique du Sud pour le match contre l’Australie 2.

Mais le plus beau moment a été la coupe du monde de rugby à IX en Australie et la coupe du Pacifique en Nouvelle-Zélande en octobre 2019 où j’ai pu travailler pendant trois semaines avec les arbitres professionnels australiens (Gerard et Chris Sutton, Grant Atkins, Ben Cummings, Chris Butler...), néo-zélandais (Henry Perenara) et anglais (Chris Kendall).

Quelles fonctions occupes-tu en France ?

Je suis donc arbitre d’Elite 1, au centre et à la touche. Je suis responsable régional de l‘arbitrage (RRA) en Haute-Garonne. Depuis septembre 2020, je suis employé sur un tiers temps par la FFR13 pour m’occuper de l’arbitrage français. Entre septembre 2020 et janvier 2021, j’ai été responsable de la CCA puis avec la nouvelle fédération, je suis devenu chargé de mission technique et formation auprès de la CCA afin de faire mon retour au centre de l’Elite 1 que j’avais quitté pendant les quatre mois en tant que responsable.

Quel était le motif de ta présence en Serbie ? Quels étaient les enjeux sportifs du tournoi et quels en furent les résultats ?

Geoffrey Poumès et moi faisons partie de la catégorie 2 du panel international de l’IRL (International Rugby League), la Fédération internationale qui régit le Rugby à XIII. Benjamin Casty lui fait partie de la catégorie 1. Nous sommes donc tous les trois amenés à être désignés par l’IRL pour arbitrer des matches ou tournois internationaux.

Ce fut le cas pour la coupe d’Europe B en Serbie où trois pays étaient en lice : la Serbie, la Russie et l’Ukraine. Nous étions trois arbitres du panel avec Andrew Pilkington (Espagne) et James Jones (Pays de Galles) à officier lors de ce tournoi. Stefan Stamenic, un arbitre serbe était également désigné. Le vainqueur de la Coupe d’Europe B doit intégrer la coupe d’Europe A. C’est la Serbie avec deux victoires qui valide son ticket pour l’étape supérieure.

J’ai arbitré la rencontre Serbie vs Russie. Le match fut intéressant au niveau discipline mais il y avait une assez nette différence sportive entre les deux équipes : la Serbie était beaucoup plus forte et a gagné sur le score de 66 à 10. J’ai été juge de touche lors de Serbie vs Ukraine et Ukraine vs Russie.

Par qui as-tu été désigné ? Y avait-il un suivi des performances du corps arbitral sur place ?

C’est Stuart Cummings, responsable des arbitres de l’IRL qui désigne les arbitres pour les rencontres internationales. Le suivi des performances des arbitres désignés est également réalisé par le MOP (Match official Panel) . Cela a été le cas pour ce tournoi. Mais également pour le match France vs Angleterre sur lequel nous avions officié avec Benjamin et Geoffrey. C’est important pour nous d’avoir ce retour et cette analyse de la part des instance internationales. Cela se fait beaucoup grâce aux vidéos des matchs.

Avec la crise sanitaire et l’arrivée de nouvelles règles, quelles sont celles qui ont été appliquées ?

Durant le tournoi en Serbie, nous avons appliqué les règles internationales à 100% (plus six, arrachage, choix de l’emplacement latéral du tenu de transition ou de la mêlée…). Certains joueurs n’avaient que peu de connaissance sur ces règles et le trio arbitral a dû parfois être pédagogue.

Comment s’est passé la communication avec les juges de touche et les joueurs ?

Tout en anglais. C’est la langue qui régit l’arbitrage international comme dans d’autres sports. Et cela a été plutôt convenable pour tout le monde.

Comment a été l’accueil sur place ? As-tu eu le temps de visiter les environs ?

Nous avons eu un très bon accueil par les responsables de la Fédération de Rugby à XIII de Serbie et surtout de la part de Jovan Vujosevic qui était l’intermédiaire de l’IRL sur place. Nous avons été hébergés dans un hôtel sur les rives du Danube et à proximité du centre historique de Belgrade. C’était parfait pour visiter la ville à pied mais aussi à vélo avec James et Andrew.

Les arbitres
En tournoi en Serbie, en championnat ou en coupe du Monde, l’arbitrage c’est toujours un travail d’équipe : Stefan Stamenic (Serbie), James Jones (pays de Galles), Stéphane Vincent (France), Andrew Pilkington (Espagne) lors d’un match à Belgrade.

Quels points positifs retires-tu de cette expérience ?

Grâce à ces expériences, nous pouvons montrer que l’arbitrage français correspond aux exigences de l’arbitrage international. Et ça, c’est le plus important pour moi.

Quels sont tes souhaits pour l’avenir de l’arbitrage en France ? Que penses-tu de la présence de deux équipes françaises en Super League pour l’arbitrage français ?

Le souhait numéro un est la reconnaissance de l’arbitrage français part tous les acteurs : joueurs, entraîneurs, clubs, instances fédérales) mais aussi à l’international ! Il faut qu’il attire de nouvelles personnes, suscite de nouvelles vocations et ça c’est l’affaire de TOUS. Le manque cruel d’arbitre est une dure réalité que tout le monde doit prendre en considération.

Bien évidemment avoir deux clubs français en Super League est une très bonne chose pour le XIII en France et donc aussi pour l’arbitrage. Nous espérons beaucoup avoir des juges de touche en Super League très régulièrement (Geoffrey Poumès a montré la voie en officiant sur la touche de quasiment tous les matches des Dragons Catalans et du Toulouse Olympique joués en France cette année). Mais aussi pourquoi pas espérer des arbitres français en Championship ou en Super League comme ce fut le cas avec Thierry Alibert ?

Merci de ta participation à cette interview et bonne chance.

Entretien réalisé par l’équipe communication de la CCA animée par Jérôme Cavalli.

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