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Frédéric Michalak : “Le XIII a des choses à aller chercher dans le XV et surtout vice-versa”

L’ancien international à XV Frédéric Michalak intervient depuis le début du mois de janvier auprès des Sydney Rooster, la franchise australienne de rugby à XIII entraînée par un certain Trent Robinson. L’ancien coach des Dragons Catalans (2011-2012) a ouvert les portes de son staff et de ses entraînements à ce grand passionné de la balle ovale, qui nous a accordés quelques instants. Entretien en treize questions.

Pourquoi avoir choisi l’Australie en pleine pandémie ?

Ce sont des raisons familiales qui nous ont emmenés ma femme, mes enfants (Hugo 8 ans, Jasen 4 ans et Marlon 1 an) et moi, en Australie. Les parents de mon épouse y vivent et nous avons réussi à trouver un avion au mois de décembre pour venir ici. Nous avons été isolés quatorze jours à l’hôtel avant de vivre normalement.

Combien de temps avez-vous prévu de rester en Australie ?

Ça risque d’être assez long, enfin plusieurs mois. Nos enfants seront scolarisés ici. On verra si la situation me permet de voyager et de rentrer plus facilement en France de temps en temps. Mais aujourd’hui, la situation est compliquée. Ma plus grosse crainte est de partir et de ne pas pouvoir revenir. Il n’y a que 3 000 entrées par semaine en Australie.

Vous avez déjà visité des clubs de NRL et de Super Rugby par le passé…

Oui. Il y a un petit peu plus d’un an, j’avais déjà rencontré Trent Robinson qui est le coach des Roosters. J’avais aussi vu les installations de deux autres franchises de NRL : les Titans et les Brisbane Broncos. J’avais fait une intervention avec les Waratahs à XV. J’ai fait un tour d’horizon pour voir comment les clubs travaillaient lorsque je bossais avec le LOU Rugby à Lyon. Ça m’a permis de revenir avec quelques méthodes d’entraînement et une vision différente.

Fred Michalak a rejoint le staff des Roosters de Sydney pour plusieurs mois

“Je continue d’apprendre aux côtés de Trent Robinson et de ses adjoints”

Comment se sont passées les connexions avec les Sydney Roosters ?

Très simplement. Je suis devenu ami avec Trent Robinson qui parle très bien français (il est marié à une Française).

À quel niveau intervenez-vous auprès du staff ?

Vu que je vais rester quelque temps, Trent Robinson m’a demandé si je voulais intervenir auprès du groupe, sur plusieurs aspects : le jeu au pied bien sûr, mais aussi, les passes des talonneurs et des meneurs de jeu. C’est-à-dire, leurs attitudes dans les passes et les différentes courses qu’il faut ou qu’il faudrait avoir, surtout avec les nouvelles règles, dont celle du « six again », qui va permettre aux équipes de garder les ballons beaucoup plus longtemps. Il va falloir amener un petit peu plus de créativité dans ce sport et c’est très intéressant techniquement ce qui est en train de se dérouler à XIII en Australie.

C’est-à-dire ?

On sera à 65 minutes de jeu effectif, ce qui est énorme. Les joueurs ont besoin d’une grosse préparation physique et je suis en soutien des joueurs sur la performance du très haut niveau, en essayant aussi de gérer toute la partie mentale, liée à ces différents aspects. Ça me permet de me rapprocher du terrain, en prenant énormément de plaisir. Je continue d’apprendre aux côtés de Trent Robinson et de ses adjoints.

Vous semblez être en quête permanente de nouvelles expériences…

Aujourd’hui je vois comment un club prépare minutieusement sa saison. Je vois encore plus de choses entre mes voyages en Afrique du Sud, mes différents clubs en France et ici en Australie. Je prends un petit peu de tout et je pose tout dans la caisse à outils.

Quel regard portez-vous sur Trent Robinson ?

Il a énormément de hauteur dans sa façon de manager, avec les joueurs, mais aussi avec le staff. Il amène des choses qui vont au-delà du simple joueur de rugby. C’est une réflexion psychologique et mentale très forte. Je n’ai jamais vu ça, dans n’importe quel club. Je prends beaucoup de notes et c’est très enrichissant. On sent des joueurs qui sont connectés avec le coach et sa philosophie.

Comment expliquez-vous que les passerelles XV-XIII sont moins importantes en France ?

C’est vrai que ça pourrait se faire beaucoup plus souvent. Je sais que le Stade Toulousain et le TO XIII organisent des entraînements partagés et que les entraîneurs échangent. Je sais que ça existe, mais que ce n’est pas mis en lumière. En tout cas, je trouve que le XIII a des choses à aller chercher dans le XV et surtout vice-versa.

“Les deux sports se rejoignent beaucoup dans le sacrifice et la brutalité qu’il faut mettre”

Sur quels aspects ?

Le XV va chercher énormément de choses à XIII, dans les attaques, dans les placements et aussi sur la partie défensive. La défense et la lutte font partie du XIII et à XV, nous avons besoin de ces parties-là pour pouvoir performer.

Pourriez-vous intervenir à temps plein auprès d’un staff à XIII ou à XV ?

Pourquoi pas. Aujourd’hui c’est un coup de main que je donne. Tout dépendra après de la spécificité, que ce soit à XV, à XIII ou même à VII (Michalak est secrétaire général du Monaco Sevens) ; on parle de rugby. Il y a des spécificités différentes, mais il y a des choses qui se rejoignent.

En quoi le XV peut s’inspirer du XIII ?

Sur la lutte, les systèmes défensifs et sur la préparation physique qui est beaucoup plus intense à XIII. Le XV a des spécificités avec les mêlées et les touches et des gabarits différents. Les deux sont différents, mais ils se rejoignent beaucoup dans l’état d’esprit, le sacrifice et la brutalité qu’il faut mettre ; c’est un sport de combat.

Quelles sont vos activités professionnelles en 2021 ?

Je suis toujours consultant avec Canal+. La situation est difficile pour rentrer en France et faire des apparitions sur les plateaux télés. J’ambitionne d’organiser en 2021 un événement que j’ai fait en 2019, « Sport Unlimitech » autour du sport et de l’innovation, en septembre. Je continue de passer mon Master en business et administration en distanciel et je me rapproche un petit peu plus des terrains. J’ai passé deux ans à travailler pour le LOU Rugby en dehors des terrains. Peut-être que je reviendrais sur les terrains de différentes manières en 2021. Aujourd’hui, je prends plaisir à transmettre et partager. J’ai toujours eu comme conviction en tant que joueur, de devenir meilleur.

Source : L’Indépendant

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