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Le doublé carcassonnais dans le rétro

BEMBAROUSIÉ 

Photos RMD Agency

A Carcassonne, on attendait cela depuis… 1967. Un doublé ! Et face au grandissime favori, Pia, par dessus le marché. Le palmarès de la “Grande Dame”, déjà extraordinairement étoffé, s’est ainsi paré, au printemps 2012, d’une double récompense offerte par un groupe de joueurs dotés d’un sens du sacrifice ayant eu raison, en finale du Championnat, d’un rival catalan parti pied au plancher, avant de caler au coeur de la seconde mi-temps, victime d’un autre doublé, celui de Romaric Bemba (52è, 61è), puis de revenir dans la partie (essais de Ben Vaeau et Mathieu Mayans, aux 67è et 70è minutes), mais trop tard.
Quatre essais partout, la botte de Jérémy Guiraud ayant fait la différence (26-20).
Les changements de pied victorieux de Maxime Grésèque (deux essais en première période) n’y ont rien fait, l’ASC, qui avait coup sur coup joliment répliqué par Grégory Mazard et Osea Sadrau (32è, 36è), tenant le mieux la distance.
Reste qu’en permettant à Maxime Grésèque de faire apprécier la qualité de son crochet, pour un essai lumineux (2è), Scott Porter avait donné le ton à cette finale palpitante de bout en bout. Les deux adversaires se rendirent ensuite coup pour coup, mais sans réussite, jusqu’à ce que les Canaris n’étalent au grand jour leur réalisme : conclusion de Mazard, née d’une chaîne fabriquée avec soin par Russell Aitken et Luke Swain. Classique mais efficace ! Comme le coup de pied de Jérémy Guiraud, transformant dans un angle délicat.

“Mental à toute épreuve”
Les Jaune et Noir avaient mis une demi-heure pour revenir à hauteur (6-6), et ils en en remettaient bientôt une couche, suite à un effort collectif signé Eamon Hillen, “Upu” Poching, Luke Swain, brin de réussite en sus.
Mais avec Max Grésèque dans son moteur, Pia avait de quoi réagir au plus vite, et à la pause l’ASC n’avait plus que deux petites longueurs d’avance (12-10).
Mathieu Mayans, auteur d’un contre, perdait inexpliquablement la balle, en début de seconde période, les deux rivaux redoublant alors d’énergie, et l’ASC ajoutant deux points sur pénalité. Survoltés, les Canaris bousculaient davantage encore les Pianencs avec cet essai tout en muscles de Romaric Bemba (20-10), annonciateur d’un suspense au couteau jusqu’au bout.
Jonathan Soum manquait d’abord de tuer le suspense en question (60). Et c’était Romaric Bemba, élu joueur du match, qui s’en chargeait, profitant d’un « trou » catalan à la réception d’une chandelle.
26-10, ce n’était évidemment plus la même chanson, même si Ben Vaeau (“un joueur hors normes, sachant tout faire”, complimentait le co-entraîneur carcassonnais Jean-François Albert, à l’heure du bilan), en force, rallumait la flamme salanquaise.

En bout de ligne, Mathieu Mayans colorait un peu plus la résistance verte et rouge (26-20). L’arbitrage vidéo refusait ensuite un essai à Clément Soubeyras, sollicité par le trio  Dustin Cooper, Scott Porter et Shad Royston, puis Ben Vaeau (le plus en vue à Pia, avec Max Grésèque et Anthony Carrère) échouait d’un rien, et Shad Royston commettait un en avant privant Pia d’un possible essai égalisateur.
L’ASC était championne, elle qui attendait cela depuis 1992, pour avoir su ajouter la vigilance au brio, tordant ainsi le cou au pronostic.
“Ce fut difficile, mais on le savait, il y a eu un gros combat au milieu, et comme toujours à ce niveau, la différence s’est faite sur des petits détails, sur la notable performance de Romaric Bemba, sur notre capacité à bien défendre grâce à notre solidarité, à notre mental à toute épreuve”, analysait Teddy Sadaoui, capitaine comblé, avant de soulever un trophée Max-Rousié apporté sur un plateau par le héros du jour, Romaric Bemba.
Un pilier aux anges, évidemment : “J’ai déjà réalisé de meilleurs matchs, mais jamais je n’aurais imaginé inscrire deux essais dans une finale. C’est ma récompense pour le travail fourni. Au début de ma carrière, on m’avait dit “tu y arriveras, parce que tu es généreux”.
Forts dans le combat, les Audois avaient empêché Pia d’utiliser à plein son arme favorite, la vitesse, et dans les rangs catalans le doute s’était ainsi installé.

DOUBLE HISTORIQUE POUR L'ASC XIII 
Le pied de Guiraud, à nouveau…
Au point qu’une semaine plus tard, toujours à Narbonne, au terme d’une nouvelle joute à suspense, mais moins emballante en raison d’une pluie battante, l’ASC récidivait (14-12). Grâce, d’abord, à un meilleur départ, Russel Aïtken s’appuyant sur Amar Sabri pour développer le jeu jusqu’à l’aile, Teddy Sadaoui terminant le travail d’un petit coup de pied que Florent Rouanet transformait en essai (5è).
La réponse d’Anthony Carrère était tardive (38è), mais au moins permettait-elle à Pia de n’accuser qu’un court handicap (6-8) à l’entracte. Et quand sur un éclair de Maxime Grésèque, Anthony Carrère surgissait pour voler le ballon à Stuart Reardon et marquer une deuxième fois (54è), c’était l’ASC qui se retrouvait derrière (8-12), la botte de nouveau prolifique de Jérémy Guiraud les envoyant plus tard au paradis, en dépit d’une forte pression catalane, contenue par des Carcassonnais héroïques pour la seconde fois en huit jours.

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